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Des exercices du NORAD seront menés dans l'Arctique face à la menace russe

28/05/2015 10:15 EDT | Actualisé 28/05/2015 10:16 EDT
PC

Des avions de chasse américains et canadiens vont se pratiquer à intercepter des aéronefs étrangers dans le ciel de l'Arctique cette semaine, alors que les vols russes juste à la frontière de l'Amérique du Nord se font de plus en plus fréquents.

"Ils n'ont probablement jamais été aussi actifs depuis la fin de la Guerre froide", a affirmé le major-général canadien David Wheeler, qui supervise le rôle du Canada dans l'exercice Amalgam Dart.

L'amiral américain William Gortney, du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), a déclaré que l'armée russe était beaucoup mieux équipée que son prédécesseur soviétique. Selon lui, la Russie utilise l'armée pour envoyer un message aux autres pays.

"Ce n'est pas que la fréquence, ce sont les endroits où ils volent, même s'ils adhèrent aux exigences internationales", a-t-il expliqué jeudi.

Au moment où un avion malaisien a été visé par des tirs dans le ciel de l'Ukraine, l'été dernier, les Russes survolaient la Manche et l'Arctique, près de l'Alaska et du Yukon, a-t-il dit.

"Ils nous envoient le message, avec ces vols, qu'ils sont une puissance mondiale - ce qui ne devrait pas être une surprise, nous le faisons aussi."

"Mon inquiétude est: quelle est leur intention si la situation dégénère quelque part? Comment utiliseront-ils ces aptitudes? C'est pourquoi les exercices sont si importants", a-t-il fait valoir.

Selon les données de l'armée américaine, au moins 17 avions militaires russes, dont des bombardiers, des ravitailleurs et des avions de combat, ont approché l'espace aérien nord-américain en 2014.

Les vols ont recommencé en 2007, mais se sont récemment intensifiés, a confirmé le capitaine de la marine américaine Jeff Davis.

"Nous avons remarqué une augmentation du nombre de vols près de l'Amérique du Nord en 2014, qui faisait suite à l'incursion de la Russie en Ukraine et en Crimée, a-t-il indiqué par courriel. La majeure partie de l'augmentation de 2014 est due spécifiquement à un pic durant l'été qui, selon nos évaluations, serait lié à un entraînement."

L'exercice Amalgam Dart doit mobiliser 15 avions de chasse des deux pays, incluant des F-15 et des CF-18, des avions-citernes et des avions de surveillance, et 300 membres des deux armées. Les aéronefs doivent couvrir une vaste portion de l'Arctique en partance de bases militaires en Alaska, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Ils vont aussi avoir recours aux capacités de surveillance électronique du Canada.

Un article publié plus tôt cette semaine par un expert militaire laissait entendre que le véritable rôle des Forces armées canadiennes dans l'Arctique serait de soutenir les agences civiles comme la garde côtière ou la GRC. Adam Lajeunesse, de l'institut de la défense canadienne et des affaires étrangères, a écrit qu'un conflit ouvert dans le Nord était peu probable et que la présence militaire n'aidait en rien à assurer la souveraineté.

Le major-général canadien David Wheeler a reconnu que cela pouvait être le cas, mais a ajouté que la force aérienne était une exception. Les forces civiles ne peuvent que demander qu'un avion quitte l'espace aérien du Canada, alors que les avions militaires peuvent l'escorter, a-t-il soutenu.

"Nous allons soutenir les autres départements du gouvernement, si nécessaire, a-t-il dit. Mais dans les airs, c'est totalement différent. La souveraineté aérienne ne peut être assurée par la GRC ni aucune autre organisation civile. Ce ne peut être fait que par l'armée."

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