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Au Pays basque espagnol, les indépendantistes ont perdu du terrain

25/05/2015 09:28 EDT | Actualisé 25/05/2015 09:28 EDT

La gauche indépendantiste basque espagnole, qui avait bénéficié du renoncement à la violence de l'ETA en 2011, a, quatre ans plus tard, subi un recul aux élections locales au Pays basque face aux nationalistes conservateurs, en particulier à Saint Sébastien, où elle perd la mairie.

La coalition EH Bildu, rassemblant des partis indépendantistes et de gauche, dont les héritiers de Batasuna, bras politique de l'ETA, n'est plus la première force municipale à Guipuzcoa, son bastion traditionnel, selon les résultats définitifs des élections municipales organisées dimanche dans la région, qui renouvelait aussi ses assemblées provinciales.

Sur la région, elle garde 896 conseillers municipaux, mais passe de 25,4 % en 2011 à 23,4 % des voix. Le Parti nationaliste basque (PNV, droite) compte lui 1 017 conseillers, soit 33,1 % des suffrages et 3 % de mieux qu'en 2011.

Surtout, Bildu perd sa vitrine de Saint Sébastien, élégante ville sur la mer qui sera en 2016 capitale européenne de la culture, et où le maire sortant Juan Karlos Izaguirre, devra céder la place.

Bildu y est relégué à la troisième place (six conseillers), derrière le PNV (9 sièges) et les socialistes (7) qui pourraient s'allier.

En cause notamment, un débat permanent autour de la politique de gestion des déchets de Bildu qui, comme dans d'autres municipalités, souhaitait une gestion écologiste qu'elle a imposée sans s'assurer d'un consensus des habitants.

Outre la province de Guipuzcoa, les indépendantistes perdent les commandes de municipalités comme Mondragon ou Tolosa.

« Nous devons faire preuve d'autocritique, car nous n'avons pas été capables d'obtenir assez d'appuis pour continuer à avancer », a admis dimanche soir le secrétaire général de Eusko-Alkartasuna, l'un des formations intégrant Bildu, Peio Urizar.

À Vitoria, capitale administrative du Pays basque, le Parti populaire (PP) garde la majorité avec neuf sièges contre six pour Bildu et quatre pour les socialistes.

Le PNV garde par ailleurs son fief de Bilbao, la capitale économique.

L'ETA, tenue pour responsable d'au moins 829 morts en 40 ans, a annoncé le 20 octobre 2011 renoncer définitivement à la lutte armée, mais elle n'a pas rendu ses armes et refuse de se dissoudre sans condition comme l'exigent les gouvernements espagnol et français.

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