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Burundi: un manifestant tué par la police en province

25/05/2015 08:21 EDT | Actualisé 25/05/2015 08:58 EDT
JENNIFER HUXTA via Getty Images
QUALITY REPEAT A Burundian police officer holding a baton and army forces run after protestors throwing stones during a demonstration against incumbent president Pierre Nkurunziza's bid for a third term on May 13, 2015 in Bujumbura. In the neighborhood of Musaga, hundreds of people waved sticks and threw stones as police responded with tear gas, a water cannon and live rounds. Protestors looted the local police post in Musaga, burning furniture, mattresses and clothing in a barricade fire, an AFP photographer said. Burundi's presidency said an attempted coup by a top general had 'failed' on May 13, 2015 and pro-president Burundi troops at state broadcaster fire warning shots over the heads of hundreds of protesters, an AFP reporter said. Burundian general Godefroid Niyombare on May 13 announced the overthrow of President Pierre Nkurunziza, following weeks of violent protests against the president's bid to stand for a third term. AFP PHOTO / JENNIFER HUXTA (Photo credit should read Jennifer Huxta/AFP/Getty Images)

Une personne a été tuée et deux blessées par des tirs de la police lundi dans la province de Bururi, dans le sud du Burundi, lors d'une manifestation contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, selon des sources concordantes.

Une centaine de manifestants anti-troisième mandat ont bloqué la route à Muyange, dans la commune de Mugamba, à 60 km au sud-est de Bujumbura, selon un témoin et une source administrative locale.

La police est intervenue, a tiré et fait un mort et deux blessés parmi les manifestants, ont précisé ces deux sources sous le couvert de l'anonymat.

Des manifestations hostiles au pouvoir ont également été signalées à Matana, un peu plus au sud, dans la même province.

Le Burundi connaît depuis un mois un vaste mouvement de contestation populaire contre le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005 et candidat à un troisième mandat à la présidentielle du 26 juin.

Les manifestations sont quasi quotidiennes, émaillées de heurts avec la police, avec près d'une trentaine de morts en quatre semaines. Elles se concentrent pour l'essentiel en zone urbaine, dans la capitale Bujumbura.

Selon le président Nkurunziza, elles ne concernent que "quatre quartiers" de la capitale, alors que "la paix et la sécurité règnent sur 99,9% du territoire".

Quelques manifestations ont été signalées ces dernières semaines en province, notamment à Bururi, mais de moindre ampleur et plus sporadiques qu'à Bujumbura : jusqu'à présent c'était plutôt l'attentisme qui primait dans les zones rurales, où le parti présidentiel conserve traditionnellement une forte assise populaire.

En l'absence de tout média indépendant, peu d'informations circulent néanmoins sur la situation dans les campagnes, alors que près de 110 000 Burundais ont trouvé refuge dans les pays voisins, dont 70 000 en Tanzanie.

Lundi dans Bujumbura, la police s'est massivement déployée dans plusieurs quartiers protestataires, empêchant tout rassemblement, notamment dans le quartier de Musaga. Plusieurs incidents ont été observés au cours de la journée.

Dans le quartier de Cibitoke, la police a tiré en l'air pour disperser quelques centaines de marcheurs. Dans le quartier de Bwiza, un protestataire a été blessé par balle, a constaté l'AFP, et un minibus a été incendié par des manifestants à Kanyosha.

A Kinama, quartier populaire du nord de la capitale et bastion des FNL, un parti d'opposition, plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour la première fois depuis le début du mouvement. Elles ont été empêchées de sortir du quartier, puis dispersées par la police. Un journaliste de l'AFP a également été témoin d'une descente dans le quartier de jeunes en civils et armés de bâtons, qui chassaient les manifestants.

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