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Affaire Bugingo: «Difficile de se prémunir», dit le patron de l'information à Radio-Canada

25/05/2015 10:37 EDT | Actualisé 25/05/2015 10:37 EDT
Radio-Canada

Malgré toutes les mesures mises en place par Radio-Canada pour s'assurer que les reportages internationaux qu'elle diffuse sont basés sur des faits vérifiés et vérifiables, « on ne peut pas se prémunir à 1000 % » contre des journalistes malhonnêtes qui trafiquent la vérité, affirme le directeur général de l'information de la société d'État, Michel Cormier.

Dans des entrevues accordées sur nos ondes ce matin, M. Cormier a réagi aux allégations diffusées par La Presse, selon lesquelles François Bugingo a diffusé des faussetés dans des interventions faites sur les ondes de différents médias. M. Bugingo, qui travaillait pour TVA, le 98,5 FM et le Journal de Montréal, a aussi collaboré avec Radio-Canada dans le passé.

« On ne sait pas ce qui s'est passé. On attend toujours la réaction de M. Bugingo », rappelle d'entrée de jeu M. Cormier. Il admet cependant du même souffle « qu'on n'est jamais à l'abri de gens qui vont dire des faussetés à l'antenne ».

« Nous, à Radio-Canada, on a un code de déontologie, des normes et pratiques très sévères qu'on impose à nos journalistes. On prend toutes les mesures possibles pour éviter ce genre de choses », rappelle-t-il.

« Dans notre cas, il est difficile [...] de faire semblant d'être allé quelque part et de faire des reportages pour Radio-Canada. On fait de la télé, de la radio, du web. On demande aux journalistes de poser des photos d'où ils sont. Si on veut faire une interview avec quelqu'un, faut quand même l'avoir dans des caméras. Il y a quand même des garanties qui viennent avec le fait que c'est le médium qu'on utilise », ajoute-t-il.

« Chaque déplacement à l'étranger de nos journalistes d'ici et de nos correspondants, on les signe, on les contresigne, on fait des vérifications de sécurité », poursuit M. Cormier. « On vérifie même les gens avec qui on va travailler sur le terrain pour s'assurer que ce sont des gens qui sont fiables. Alors, il y a quand même beaucoup de mécanismes qui nous permettent d'éviter ce genre de dérapages. »

« La seule chose qu'on a, comme journaliste, c'est notre crédibilité. Si on met ça en péril, on est fini. » — Michel Cormier, directeur général de l'information de Radio-Canada

Le directeur général de l'information souligne aussi que les politiques de Radio-Canada qui encadrent le recours aux pigistes lors de conflits à l'étranger constituent un garde-fou supplémentaire contre ce genre de situations.

« Nous, on a comme principe de ne pas utiliser des pigistes dans des zones de guerre auxquels on ne peut pas donner la même protection que nos propres journalistes. Donc, ça limite beaucoup le nombre de personnes qu'on utilise dans des zones difficiles où l'information est très difficile à vérifier », souligne-t-il.

M. Cormier reconnaît que « tout le monde dans les médias se sent vraiment mal » dans la foulée de cette « triste affaire », mais souligne que la « responsabilité fondamentale » incombera toujours au journaliste. « Quand on commet une faute grave, on n'est plus journaliste », observe-t-il.

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