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Le groupe État islamique consolide son emprise sur la frontière Syrie-Irak

24/05/2015 08:08 EDT | Actualisé 24/05/2015 08:08 EDT
ASSOCIATED PRESS
In this picture released on Wednesday, May 20, 2015 by the website of Islamic State militants, Islamic State fighters take cover during a battle against Syrian government forces on a road between Homs and Palmyra, Syria. Islamic State militants overran the famed archaeological site at Palmyra early on Thursday, just hours after seizing the central Syrian town, activists and officials said, raising concerns the extremists might destroy some of the priceless ruins as they have done in neighboring Iraq. (The website of Islamic State militants via AP)

Le groupe Etat islamique a pris dimanche le contrôle total d'un poste-frontière entre la Syrie et l'Irak, où les forces gouvernementales appuyées par des milices chiites tentent de lancer une contre-offensive après la capture de la ville clé de Ramadi par les jihadistes.

En capturant le poste-frontière d'Al-Walid quelque 72 heures après la prise de son pendant syrien, Al-Tanaf, l'EI s'assure le contrôle de deux routes principales reliant l'immense province irakienne d'Al-Anbar à la Syrie.

Cette dernière victoire survient une semaine après la prise de Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar, et quelques jours après celle de Palmyre, historique cité syrienne inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, deux des plus importantes victoires des jihadistes depuis un an.

Ces succès militaires permettent à l'EI d'étendre le territoire du "califat" qu'il a proclamé en juin 2014 sur les territoires saisis en Irak et en Syrie, pays dont il contrôle désormais 50% selon une ONG.

Dimanche à l'aube, les jihadistes se sont emparés du poste d'Al-Walid "après le retrait de l'armée et des gardes-frontières", a déclaré un colonel de police.

"Il n'y avait pas de soutien militaire et les soldats n'étaient pas assez nombreux pour protéger le point de passage", a expliqué Souad Jassem, chargée des frontières pour la province d'Al-Anbar. "Daech (acronyme arabe de l'EI) contrôle désormais les deux côtés des deux points de passages", a-t-elle ajouté, en référence à la prise l'an dernier d'un autre poste-frontière.

Ces victoires du groupe ultraradical sunnite soulèvent des questions sur la stratégie suivie par les Etats-Unis à la tête de la coalition qui a mené plus de 3 000 raids en Irak et en Syrie depuis août 2014, dont des dizaines ces derniers jours, sans empêcher l'EI d'avancer. 

En 24 heures, ses avions ont ainsi frappé Al-Anbar à sept reprises pour appuyer le début d'une contre-offensive des forces gouvernementales autour de Ramadi.

Aidées des hommes de la principale force tribale sunnite du secteur, essentielles pour leur connaissance parfaite du terrain, et de miliciens chiites, les forces irakiennes sont parvenues à reprendre samedi Houssayba, à 7km à l'est de Ramadi.

Mettre l'EI sur la défensive

Il est essentiel d'agir rapidement avant que les jihadistes n'organisent la défense de la ville en y disposant bombes et explosifs, une technique qu'ils ont développée dans de nombreuses autres cités en Irak et en Syrie.

En outre, "le gouvernement irakien doit mettre l'EI sur la défensive dans l'est d'Al-Anbar avant le début du Ramadan mi-juin, quand le mouvement terroriste essaiera sans aucun doute de multiplier les attaques contre les religieux chiites et les civils à Bagdad et dans la cité sainte (chiite) de Kerbala", estime Michael Knights, du groupe de réflexion Washington Institute.

Mais si Al-Anbar, la plus vaste province du pays et base de l'EI, est importante, les forces irakiennes doivent se déployées sur d'autres fronts. Les troupes d'élite défendent ainsi la principale raffinerie du pays, Baïji (nord-est), aidées depuis quelques semaines par les miliciens chiites des Hashed al-Shaabi.

En Syrie, la prise de Palmyre pourrait permettre aux jihadistes de lancer des attaques contre la capitale Damas et Homs, troisième ville du pays, estiment des experts.

Ville mondialement connue pour la beauté de son site archéologique, Palmyre est tombée aux mains de l'EI le 21 mai, faisant craindre de nouvelles destructions de trésors antiques par les jihadistes, qui ont fait exploser des sites historiques en Irak. Le chef des Antiquités syrienne a cependant assuré que la plupart des trésors de Palmyre avaient été transférés à Damas.

Par ailleurs, dans la province d'Alep (nord) un hélicoptère de l'armée syrienne s'est écrasé, l'EI affirmant l'avoir abattu alors que la télévision officielle syrienne évoquait une "panne technique".

En Syrie comme en Irak, l'avancée des jihadistes a chassé des centaines de milliers de personnes de chez elles. A Ramadi seul, 55 000 personnes ont dû fuir, rejoignant la cohorte des déplacés irakiens - quelque 2,8 millions depuis le début de l'offensive de l'EI en juin 2014.

Des ONG et des politiciens appellent le gouvernement irakien, majoritairement chiite, à permettre aux familles sunnites de Ramadi de fuir en autorisant le passage par un pont ouvrant sur la route de Bagdad. Mais les autorités exigent des réfugiés qu'ils aient un "parrain" avant d'entrer dans la capitale, certains redoutant la présence de jihadistes parmi eux.

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