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L'Irlande dit «oui» au mariage homosexuel après un référendum historique (VIDÉO)

21/05/2015 10:12 EDT | Actualisé 23/05/2015 01:59 EDT
PAUL FAITH via Getty Images
Supporters for same-sex marriage wait for the result of the referendum at Dublin Castle on May 23, 2015 in Dublin. Ireland looked set today to become the first country in the world to approve gay marriage by popular vote as crowds cheered in the streets of Dublin in anticipation of the spectacular setback for the once all-powerful Catholic Church. AFP PHOTO / Paul Faith (Photo credit should read PAUL FAITH/AFP/Getty Images)

L'Irlande est devenu samedi le premier pays au monde à autoriser le mariage gay par voie référendaire, tournant le dos au conservatisme incarné par l'Eglise catholique qui a tout tenté pour s'y opposer et juguler le déclin de son influence sur la société irlandaise.

Le oui l'emporte largement avec 62,3% des voix, selon des résultats publiés par la chaîne nationale RTE portant sur 40 circonscriptions sur 43, qui ne laissent plus aucune chance de victoire au camp du non.

L'Irlande devient ainsi le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gay. Il est par contre le seul pays à l'avoir fait par référendum, les autres ayant opté pour la voie parlementaire.

"C'est historique", a souligné le ministre de la Santé, Leo Varadkar. Ce référendum, a-t-il estimé, constitue "une révolution culturelle" dans un pays longtemps conservateur et où l'homosexualité n'a été dépénalisée qu'en 1993.

"Je suis tellement fier d'être Irlandais aujourd'hui", a tweeté, Aodhan O Riordain, secrétaire d'Etat pour l'Egalité, tandis que, dans les rues de Dublin, des Irlandais, hommes et femmes de tous âges, exultaient et se prenaient dans les bras.

"C'est une victoire immense pour l'égalité en Irlande, qui fera date dans l'histoire du pays", a dit Noel Sutton, 54 ans, devant un centre de comptage des bulletins de vote.

Avant même la publication des résultats, un des principaux responsables de la campagne du non, David Quinn, avait concédé la défaite de son camp. "C'est une claire victoire pour le camp du oui", a-t-il déclaré, adressant ses "félicitations" aux partisans du mariage homosexuel.

L'Irlande a changé

Dans la capitale irlandaise, le domaine du château de Dublin, exceptionnellement ouvert au public, était envahi par des centaines de pro-mariage gay qui brandissaient des drapeaux arc-en-ciel et célébraient leur victoire.

"L'Irlande a changé. Il y encore quelques années, elle n'aurait jamais accepté" une telle réforme, a dit, émue, Karen Brady, une Irlandaise de 27 ans venue spécialement du Canada pour voter.

La réforme constitutionnelle approuvée par les Irlandais autorise "le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe". Elle devrait entrer en vigueur cet été, et les premiers mariages être célébrés avant la fin de l'année.

Ce texte ne concerne pas l'adoption, déjà possible pour les couples mariés, les personnes célibataires et les couples de même sexe.

Le référendum, survenu vendredi, a fait l'objet d'une forte participation, supérieure à 60%, selon la RTE, signe de l'intérêt pour cette consultation qui a donné lieu à des débats passionnés, reflétant les interrogations de la société irlandaise face au conservatisme de l'Eglise catholique.

Comme un symbole, des pancartes "Egalité pour tous" avaient été accrochées vendredi à Dublin près de l'ancienne maison d'Oscar Wilde, auteur dont l'homosexualité lui valut d'être emprisonné en Grande-Bretagne au XIXe siècle.

Le "oui" a été défendu par tous les principaux partis politiques irlandais, y compris le Fine Gael, pourtant plutôt conservateur, du Premier ministre Enda Kenny. Le camp du oui a aussi reçu le soutien de personnalités du sport et du spectacle, comme la chanteuse Sined O'Connor.

Message pour le reste du monde

Le groupe irlandais U2 avait appelé sur Instagram à voter en faveur du mariage gay avec le message: "In the name of love... #vote yes", citant un de ses refrains les plus célèbres.

Dans le camp adverse, l’Eglise catholique d'Irlande et les conservateurs avaient clamé que le mariage devait rester l'apanage des couples composés d'un homme et d'une femme.

Mais l'influence de l'Eglise, autrefois si puissante, n'a cessé de décliner, érodée par les bouleversements économiques et sociaux, même si l'avortement reste interdit en Irlande, sauf lorsque la vie de la mère est en danger.

L'institution religieuse paie aussi le prix des affaires de pédophilie impliquant des prêtres, parfois couvertes par des responsables ecclésiastiques.

"Je crois que l'Eglise doit ouvrir les yeux" sur l'évolution de la société, a estimé l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, selon qui l'institution religieuse fait désormais face à un "défi": "trouver comment faire passer (son) message"

L'Irlande, pays de 4,6 millions d'habitants, avait voté en 1995 pour légaliser le divorce, malgré, là aussi, l'opposition de l'Eglise.

Selon Colm O'Gorman, d'Amnesty International, la victoire du oui envoie "un extraordinaire message d'espoir à la communauté LGBT victime de persécution à travers le monde".

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