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TransCanada ne renonce pas à un port pétrolier au Québec

22/05/2015 07:52 EDT | Actualisé 22/05/2015 07:53 EDT
PC

Le Québec n'est pas écarté des projets de TransCanada. Dans une lettre transmise jeudi à l'Office national de l'énergie (ONE) et obtenue par Radio-Canada, la compagnie albertaine confirme que l'abandon du projet de port pétrolier à Cacouna allait avoir un impact sur la portion québécoise du tracé. Mais nulle part dans le document d'une cinquantaine de pages la pétrolière n'indique qu'elle renonce à passer par la Belle Province.

Un texte de Julie Dufresne

« Énergie Est prévoit que les portions de l'application liées au pipeline et aux installations entre Hardisty (Alberta) et Lévis (Québec) ne seront pas affectées par les amendements. Les portions de l'application concernant le tracé entre la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick jusqu'au terminal maritime de Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) [ne seront pas affectées] non plus. »

En d'autres termes, le tracé en amont de Lévis ainsi que sur le territoire du Nouveau-Brunswick demeure intact, mais la portion entre Lévis et la frontière Québec-Nouveau-Brunswick pourrait changer. Le document garde donc la porte grande ouverte à un projet en sol québécois, à Baie-des-Sables par exemple, et confirme que Belledune, au Nouveau-Brunswick, n'est plus une option.

En fait, 6 des 74 sections de l'oléoduc de 4500 km destinés au transport de pétrole brut depuis l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick seront modifiées. Selon TransCanada, 1800 des 21 000 pages du document d'application devront être amendées. Des changements considérés comme « mineurs et conformes », indique la missive.

Une demande mal ficelée, selon Greenpeace

« Au contraire : c'est la preuve que la demande est mal ficelée. Presque 2000 pages, c'est majeur », s'indigne Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace.

« On ne peut pas fonctionner avec des sections de projets, morceau par morceau : il faut avoir un projet global. TransCanada a beau tenter de minimiser l'ampleur des changements, si l'ONE veut demeurer crédible, elle doit cesser son évaluation : plus de 60 groupes l'ont demandé. Arrêtons et recommençons quand ils auront un projet complet », ajoute Patrick Bonin, qui craint aux abords du fleuve Saint-Laurent « une catastrophe comme on voit en Californie ».

La réponse de TransCanada survient la veille de la date limite que lui avait fixée l'ONE à la suite de l'abandon du terminal de Cacouna. Elle mentionne que « l'évaluation des alternatives à Cacouna est en cours » et que les « amendements » au projet, seront connus « au dernier trimestre de 2015 ».

Ni le cabinet du premier ministre Philippe Couillard ni les bureaux des ministres de l'Environnement et des Ressources naturelles du Québec n'ont eu des détails sur des projets à venir, ni même de communications avec TransCanada depuis que la pétrolière a tiré un trait sur Cacouna.

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