POLITIQUE

Rémunération dans les municipalités: Moreau veut donner plus d'outils aux villes

22/05/2015 04:25 EDT | Actualisé 22/05/2015 04:31 EDT
Canadian Press

MONTRÉAL _ Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, veut donner des outils supplémentaires aux municipalités pour limiter la croissance de leurs dépenses en matière de rémunération de leurs employés. Ses propos font déjà sursauter le milieu syndical municipal.

Dans le cadre de son allocution, vendredi, lors des assises de l'Union des municipalités du Québec, le ministre Moreau a précisé qu'il comptait donner ces outils supplémentaires dans le cadre des présentes négociations du pacte fiscal Québec-municipalités. Ces discussions ont déjà commencé, puisque le nouveau pacte doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain.

"Vous réclamez de nouveaux outils? Nous vous en donnerons. Nous allons donc débattre des modifications à apporter au cadre des relations de travail dans le milieu municipal. Mais, encore une fois, je veux être clair: on ne corrige pas un déséquilibre en en créant un autre", a clairement indiqué le ministre Moreau.

Il y a deux semaines, le ministre avait semblé écarter l'idée de donner aux villes un droit de lock-out, affirmant qu'"on n'en est pas là". Cette demande a déjà été formulée par le maire de Québec, Régis Labeaume. Mais elle ne convient pas à toutes les villes.

Le ministre pourrait entre autres intervenir en restreignant le mandat des arbitres lorsqu'un litige touchant un contrat de travail avec des employés municipaux se rend en arbitrage. À l'heure actuelle, ceux-ci sont liés par un principe appelé "équité externe". Or, la jurisprudence en la matière a eu pour effet, dans le passé, de créer une spirale à la hausse des salaires, les villes étant comparées à d'autres où les salaires sont plus élevés.

Interrogé à ce sujet vendredi, le ministre Moreau a admis que cela était un moyen envisageable, mais il s'est empressé d'ajouter qu'il en existait d'autres. Il s'est toutefois refusé à les énumérer, préférant discuter avec les municipalités.

De son côté, la présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, a évoqué d'autres moyens qui existent en relations du travail, comme celui de la "meilleure offre finale".

"On va commencer par véritablement s'asseoir, travailler ce chantier et voir comment, justement, on peut avoir les bons outils pour réussir à intervenir sur cet élément qui est la rémunération", a commenté Mme Roy.

À son tour, le dirigeant syndical Marc Ranger, une des figures de proue de la lutte contre le projet de loi sur les régimes de retraite dans le milieu municipal, s'est dit "très inquiet" des propos entendus. Selon lui, accorder un droit de lock-out aux municipalités équivaudrait à leur donner un droit de déclencher des conflits. Il dit ne pas comprendre, d'autant plus qu'il y a eu peu de grèves dans le milieu municipal ces dernières années, selon lui.

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