POLITIQUE

Djihad : des parents écrivent au premier ministre Harper (VIDÉO)

22/05/2015 01:05 EDT | Actualisé 22/05/2015 08:10 EDT

Quatre mois après le départ de leur fils pour le Moyen-Orient, possiblement pour rejoindre les djihadistes, une famille québécoise a envoyé une lettre au premier ministre du Canada. On y lit le désespoir, la tristesse et l'incompréhension. Les proches du jeune homme ne veulent pas que leur histoire se répète.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

À la mi-janvier, leur fils faisait partie du groupe de jeunes du Collège de Maisonneuve qui ont pris l'avion pour la Turquie, possiblement pour rejoindre un groupe armé. La douleur est encore vive. Au téléphone, on entend bien la colère d'un membre de cette famille qui nous a fait parvenir la lettre envoyée à Stephen Harper. « J'ai peur pour mon fils, mais j'ai aussi de la rage envers les bourreaux, les personnes qui l'ont endoctriné depuis deux ans. Ce sont des lâches », répète-t-il au bout du fil.

C'est dans la foulée de la saisie, la semaine passée, des passeports de 10 jeunes qui auraient tenté de fuir le pays pour le Moyen-Orient que la famille a décidé de parler et d'écrire au premier ministre du Canada.

Des mots sur une plaie ouverte

Dans cette lettre, la famille exprime son désarroi à propos de la radicalisation. « Nous sommes touchés par ce fléau. Nous avons perdu récemment notre cher fils qui a quitté vers l'inconnu, chez des inconnus. » Un peu plus loin, les parents affirment que le problème est bien réel au pays. « La racine du mal est toujours ici entre nous, ceux qui prêchent la violence et le mépris envers leur propre pays et envers leur propre gouvernement [...] ceux qui envoient nos enfants comme de la chair à canon et à la fournaise. »

Craindre le pire

Inquiète, la famille songe au pire pour le jeune garçon parti au loin. « Ici, à chaque pied carré, il y a une plante, un arbre. Là-bas, à chaque pied carré, il y a un tueur. »

Et chaque jour est un éternel questionnement : « Il est vivant, il est mort, il est en prison, nous n'en avons aucune idée. Est-ce qu'il est en Syrie, en Irak ou en Turquie, nous ne le savons pas », nous explique un membre de la famille au téléphone.

Avec cette lettre envoyée au premier ministre du Canada, la famille de ce jeune étudiant du Collège de Maisonneuve espère que les mesures appropriées seront prises pour sensibiliser la population et pour lutter contre la radicalisation.

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