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Festival de Cannes 2015: Jeu très ouvert à deux jours du palmarès (VIDÉOS)

22/05/2015 05:07 EDT | Actualisé 22/05/2015 05:13 EDT
Joel Ryan/Invision/AP
Cate Blanchett and Rooney Mara depart following the screening of the film Carol at the 68th international film festival, Cannes, southern France, Sunday, May 17, 2015. (Photo by Joel Ryan/Invision/AP)

Pour qui la Palme d'or, les prix d'interprétation? A deux jours du palmarès, les pronostics battent leur plein sur la Croisette, avec pour favoris les films Carol de Todd Haynes, Youth de Paolo Sorrentino, Mia Madre de Nanni Moretti ou The Assassin de Hou Hsiao-Hsien.

Carol, de l'Américain Todd Haynes, passion amoureuse entre deux femmes dans l'Amérique puritaine des années 50, avec Cate Blanchett et Rooney Mara, a suscité jusqu'ici les réactions les plus unanimes de la presse. Il fait la course en tête, selon le dernier classement de critiques étrangers et français publié par la revue spécialisée Screen.

Pour les spécialistes français cependant, le favori reste le film de Nanni Moretti Mia Madre.

Sur quinze critiques interrogés par la revue Le Film Français, sept ont aimé "à la folie" cette histoire d'une réalisatrice en crise, confrontée à la maladie de sa mère et qui a ému la Croisette aux larmes.

"C'est un film d'une élégance folle", pour Philippe Rouyer du mensuel spécialisé Positif, qui le classe dans son trio de tête avec deux films asiatiques, le Hou Hsiao-Hsien et celui de Jia Zhang-Ke "Mountains may depart".

Autre grand favori, Youth de l'Italien Paolo Sorrentino, qui a divisé la critique mais pourrait séduire le jury présidé par les frères Coen, avec ses moments de grâce à l'humour décalé.

Ce film symphonique sur le temps qui passe avec Michael Caine et Harvey Keitel a donné lieu à des réactions souvent tranchées, une partie de la presse pensant tenir la future Palme d'or alors que d'autres n'ont pas été séduits. Pour le LA Times, c'est un "film gagnant sur toute le ligne, drôle, philosophique et émouvant".

«Sublime fulgurance mystique»

Un autre chouchou de la presse a émergé ces derniers jours: The Assassin, dernier film du Taïwanais Hou Hsiao-Hsien, l'histoire d'une meurtrière justicière dans la Chine du IXe siècle, un film hermétique pour certains mais à l'esthétique magnifique.

"The Assassin, notre Palme d'or", titre vendredi le quotidien français Libération, qui le qualifie de "sublime fulgurance mystique dans la Chine ancienne". Pour l'hebdomadaire français Les Inrockuptibles, c'est aussi "le film qui doit remporter la Palme d'or".

"Dans un monde juste, le film ravissant et hyper raffiné de Hou Hsiao-Hsien The Assassin remporterait la Palme d'or", a indiqué aussi à l'AFP John Powers, critique américain à Vogue.

Mais "les oeuvres très raffinées ont tendance à ne pas gagner, notamment parce qu'il est difficile qu'un jury se mette d'accord dessus", a-t-il tempéré. Pour lui, Carol, The Assassin et The Lobster, fable grinçante sur l'amour du Grec Yorgos Lanthimos, "sont tous de possibles gagnants".

"Le choix du jury, qui est aussi un choix de compromis, et le favori des critiques et des festivaliers, ça n'a rien à voir", met en garde Philippe Rouyer, qui parie sur Youth.

Pour lui, Le Fils de Saul, film hongrois choc de Laszlo Nemes sur le quotidien d'un juif forcé à collaborer à la solution finale dans les camps d'extermination, semble "taillé pour un Prix du Jury", l'une des plus prestigieuses récompenses après la Palme.

Du côté des films français, c'est sans doute le film de Jacques Audiard Dheepan, histoire d'amour et de violence sur le parcours en France de réfugiés sri-lankais, et La loi du marché de Stéphane Brizé, oeuvre cinglante sur la brutalité du monde du travail, qui ont le plus plu.

Vincent Lindon en chômeur humilié dans le film de Stéphane Brizé fait partie des possibles prix d'interprétation cités par la critique, tout comme le Britannique Michael Caine et l'Américain Harvey Keithel dans Youth.

Pour les femmes, l'Italienne Margherita Buy dans le film de Nanni Moretti, l'Australienne Cate Blanchett et l'Américaine Rooney Mara dans Carol, ou même la Française Emmanuelle Bercot dans Mon roi de Maïwenn, auraient leurs chances.

La Croisette attend encore Macbeth de Justin Kurzel avec Michael Fassbender et Marion Cotillard, avant les délibérations du jury et le palmarès dimanche.

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