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De nouvelles montagnes sur le CHUM à Montréal

10/05/2015 04:53 EDT | Actualisé 10/05/2015 04:54 EDT
Radio-Canada

Elles viennent d'apparaître dans le paysage de la métropole québécoise : d'imposantes montagnes sur la façade du nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Il s'agit d'un des plus importants investissements depuis que le gouvernement réserve une partie des budgets de construction de bâtiments publics à l'art, il y a plus de 50 ans.

Un texte de Marie-Ève Maheu

L'oeuvre de 1 million de dollars fait pas moins de... huit étages. « On avait beau se figurer que ce serait gros. C'est encore plus gros qu'on le pensait! » dit l'un des artistes du duo qui a remporté le concours, Mathieu Doyon.

Lui et Simon Rivest découvrent finalement l'oeuvre sur laquelle ils ont planché durant des mois. « Tout est hors norme dans ce projet-là. Nous, on a atteint la limite de grosseur de ce que le logiciel qu'on utilise depuis 20 ans est capable de faire », illustre M. Rivest.

Pour l'instant, trois des cinq montagnes ont été installées. Les deux dernières, sommet en bas, le seront dans les prochains jours. À terme, les montagnes doivent former, si l'on observe bien, un électrocardiogramme.

Le stress de devoir créer une œuvre d'une telle ampleur était bien présent. « On se disait : "on va avoir ça dans la face probablement pour le restant de nos jours", on va mettre les critères les plus hauts possible. »

Le choix des montagnes s'est finalement imposé. Un symbole fort, selon eux, pour un endroit où la vie côtoie la mort.

« Ce sont les montagnes que les équipes médicales soulèvent pour te sauver. C'est la maladie qui peut parfois nous sembler comme une montagne à surmonter. C'est aussi un but à atteindre », explique Mathieu Doyon.

Et pour que les images soient faciles à décoder, les artistes ont utilisé des montagnes enneigées et pointues, comme « un dessin d'enfant ».

Le duo d'artistes a voulu que l'oeuvre soit aussi pertinente pour ceux qui la côtoient de près, à l'intérieur de l'édifice. Ainsi, chacune des montagnes est constituée de 15 000 points qui contiennent chacun un mot. Les artistes veulent que les regards des patients s'y perdent pour créer ce que Simon Rivest présente comme « une poésie du hasard ».

« Tous ces mots pour nous font partie de la vie, dit Simon Rivest. C'est mots là, c'est la vie. Tout ça mis en ensemble, c'est la vie en forme de montagne. » D'où le titre de l'œuvre : « La vie en montagne ».

« Mine de rien, c'est une œuvre qui va rester pour longtemps et qui va être visible. Si on fait attention, on peut la voir du pont Jacques-Cartier. On met un peu notre grain de sel dans le paysage de la ville de Montréal. »

Mathieu Doyon

Des oeuvres majeures à Montréal

Le plus gros 1 % de l'histoire

« La vie en montagne » est la première de 13 oeuvres au CHUM qui seront financées en vertu de la « politique du 1 % », le programme d'intégration des arts à l'architecture géré par le ministère québécois de la Culture. Au total, 5 millions de dollars seront alloués, ce qui en fait le plus gros 1 % de l'histoire.

Depuis le début du programme en 1961, plus de 3500 oeuvres ont été installées. Certains avec de petits budgets, d'autres avec plus de moyens.

Plus récemment, les grands chantiers hospitaliers ont octroyé des sommes record à l'intégration d'oeuvres d'art à l'architecture.

Pour des projets dont les coûts de construction dépassent les 5 millions de dollars, le calcul de la somme affectée varie pour s'établir à environ 0,5 %.

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