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Allemagne: une cellule d'extrême droite qui projetait des attentats anti-islam demantelée

06/05/2015 08:16 EDT | Actualisé 06/05/2015 08:18 EDT
ASSOCIATED PRESS
Police carry evidence to a vehicle in Augsburg, southern Germany, Wednesday, May 6, 2015. German authorities conducted raids across the country, seizing explosives and arresting four people accused of founding a right-wing extremist group to attack mosques and housing for asylum seekers. (Karl-Josef Hildenbrand/dpa via AP)

Quatre Allemands membres présumés d'une "organisation terroriste d'extrême droite" ont été interpellés mercredi matin en Allemagne, soupçonnés de projets d'attentats antimusulmans et contre des foyers de demandeurs d'asile.

Ces arrestations se produisent alors que plusieurs foyers d'accueil pour réfugiés ont été attaqués ces derniers mois, sans faire de victimes. Le bâtiment d'un futur centre a été incendié mardi soir à Limburgerhof (ouest), un autre début avril à Tröglitz (est).

Les suspects, trois hommes et une femme âgés de 22 à 56 ans, sont suspectés d'avoir pour "objectif de commettre, sur le sol allemand, en petits groupes, des attaques visant des personnalités salafistes, des mosquées et des foyers pour demandeurs d'asile", a indiqué dans un communiqué le Parquet fédéral, compétent en matière de terrorisme.

Les perquisitions ont permis de retrouver du matériel "pyrotechnique d'une forte puissance explosive ainsi que d'autres pièces à conviction", a ajouté le Parquet basé à Karlsruhe (sud-ouest).

Les suspects ont été identifiés comme Denise Vanessa G., 22 ans, Olaf O., 47 ans, Andreas H., 56 ans, et Markus W., 39 ans. Ces deux derniers sont respectivement "président" et "vice-président" d'une organisation visiblement structurée et hiérarchisée, selon la même source.

Des perquisitions ont été menées à leur domicile et dans d'autres locaux. Par ailleurs, les appartements de "cinq autres inculpés" ont également été fouillés par les policiers, selon le Parquet fédéral, qui ne donne aucune précision sur ces personnes.

Le Parquet n'a pas non plus précisé les lieux des interpellations et des perquisitions, indiquant seulement que ces mesures avaient touché les Etats régionaux de Saxe (est), Rhénanie du Nord-Westphalie (nord), Bavière (sud), Rhénanie-Palatinat et Mecklembourg-Poméranie antérieure (nord).

Les quatre personnes interpellées mercredi matin sont soupçonnées "de s'être associés avec d'autres inculpés, au plus tard en novembre 2014, au sein de l'organisation terroriste Oldschool Society (OSS)", a encore indiqué le Parquet de Karslruhe.

Têtes de mort et runes germaniques

Selon l'édition en ligne de l'hebdomadaire Der Spiegel, la "Oldschool Society" s'était dotée d'armoiries associant un char d'assaut stylisé, des runes germaniques et deux têtes de mort, renvoyant aux symboles classiques de l'extrême-droite allemande.

Selon Der Spiegel, l'association avait également pour devise : "une balle ne suffit pas".

Les interpellations ont été conduites sur la base d'un mandat d'arrêt délivré mardi par un juge du tribunal fédéral de Karlsruhe et ont mobilisé environ 250 policiers, selon le Parquet fédéral, selon lequel les enquêteurs se sont basés sur des informations des services de renseignement intérieurs allemands.

Le Parquet ajoute que les quatre suspects seront présentés mercredi et jeudi à un juge enquêteur qui statuera sur leur placement en détention provisoire.

L'Allemagne a vu ces derniers mois plusieurs milliers de personnes hostiles à l'islam et aux réfugiés descendre dans la rue, emmenées notamment à Dresde (est) par le mouvement islamophobe et populiste Pegida.

En novembre 2011, l'Allemagne avait été choquée en découvrant l'existence d'une cellule néo-nazie, la Clandestinité national-socialiste (NSU), soupçonnée d'au moins dix meurtres dans différentes régions du pays entre 2000 et 2007, dont ceux de huit Turcs, en raison de leur origine étrangère.

Cette série de crimes racistes avait été en partie élucidée, après la mort de deux des trois principaux suspects Uwe Mundlos, 38 ans, et Uwe Böhnhardt, 34 ans. Leur complice, Beate Zschäpe, s'était livrée à la police et est jugée depuis deux ans à Munich (sud).

L'enquête a mis en évidence ces erreurs graves des services de renseignements intérieurs.

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