POLITIQUE

Secteur public: les syndicats parlent d'un «dialogue de sourds» avec le premier ministre

30/04/2015 11:29 EDT | Actualisé 30/04/2015 11:29 EDT
Radio-Canada

Un fossé sépare toujours les syndicats et le gouvernement du Québec quant à leurs positions respectives en vue du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public.

À la veille de la fête des Travailleurs du 1er mai, les centrales syndicales soutiennent être face à un mur quand elles font valoir leurs préoccupations auprès du gouvernement libéral. C'est ce qui est ressorti de la rencontre de ce matin entre les représentants syndicaux et le premier ministre Philippe Couillard, à Québec.

Les représentants s'entendent pour dire que le ton lors de cette rencontre - qui se tient traditionnellement chaque année - était respectueux. Mais les parties restent campées sur leurs positions dans les négociations qui commencent à peine. D'un côté, les syndicats jugent que le gouvernement est idéologique, voire dogmatique dans sa recherche d'équilibre budgétaire au détriment des services publics et du climat de travail dans la fonction publique. Le premier ministre met plutôt l'accent sur des pistes prometteuses lors des échanges sur la formation, l'emploi et les investissements au Québec.

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) juge que le gouvernement est dans une dynamique d'affrontement plutôt que de dialogue.

« C'est un agenda très dogmatique. [Le premier ministre] a réitéré sa confiance en [son président du Conseil du Trésor] François Coiteux, nous disant qu'il avait beaucoup d'ouverture. Mettons que ce n'est pas ce qu'on comprend », dit-il.

« On n'a senti aucune ouverture ce matin, pour ouvrir un espace où on pourrait faire partie de la solution. Je vous avoue que c'est inquiétant », a dit de son côté Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ).

Les syndicats misent sur la négociation qui débute, mais n'excluent pas d'entreprendre des moyens de pression plus musclés.

« La grève c'est le moyen ultime. Ce qui est inévitable, c'est qu'on négocie, et que ça presse », résume Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Philippe Couillard ne voit pas les choses du même œil et s'est défendu de faire la sourde oreille. « On ne fait pas de confrontation militaire. Je n'ai rien contre le mouvement syndical, c'est une force importante dans la société. Mais le Québec doit vivre selon ses moyens », a dit le premier ministre Couillard à la suite de la rencontre.

« On est prêt à beaucoup de conversations et d'arrangements, notamment sur les questions qui entourent l'organisation du travail, la flexibilité nécessaire dans les conventions collectives, qui pourraient nous donner un peu plus de marge de manœuvre sur le plan de la rémunération. Mais les moyens du Québec sont ce qu'ils sont. On ne créera pas de l'argent neuf non plus. »

Le premier ministre réfute aussi les propos des syndicats qui prévoient un nombre de départs à la retraite pire qu'en 1996-1997 sous le gouvernement Bouchard en raison des conditions qui leur seront imposées.

Rappelons que Québec offre à ses quelque 540 000 fonctionnaires un gel de salaire sur deux ans, suivi d'une augmentation annuelle de 1 % pour les trois années suivantes. Il entend aussi faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans et souhaite changer la façon dont elle est calculée, soit sur la moyenne des huit meilleures années, plutôt que cinq, comme c'est le cas actuellement.

Mobilisation du 1er mai

Les syndicats promettent de se battre « contre les mesures d'austérité » du gouvernement à l'occasion de la mobilisation prévue demain, pour la fête des Travailleurs.

Une série d'actions de « perturbation » sont prévues à travers la province.

Des travailleurs des milieux de la santé et de l'éducation prévoient descendre dans la rue ou tenir des « lignes de piquetage » symboliques devant des établissements ou des institutions.

Des enseignants de cégep entendent tenir une journée de grève pour dénoncer les mesures d'austérité et leur impact sur le réseau collégial. Les représentants du gouvernement estiment que cette grève est illégale parce que les syndicats n'auraient pas respecté le processus encadrant le droit de faire un débrayage. Ce processus inclut, notamment, une médiation avant d'en arriver à la grève.

Des associations étudiantes, des groupes communautaires et des syndicats ont aussi décidé de manifester vendredi.

Par ailleurs, dès ce soir, une manifestation est prévue au centre-ville de Montréal. Elle est annoncée par le groupe de la « gauche radicale », le Syndicat industriel des travailleuses et travailleurs.

La Convergence des luttes anticapitalistes prévoit aussi une « Ostie de grosse manif de soir » le 1er mai à Montréal.

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