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Le geste d'une Femen remet en question la sécurité au parlement (VIDÉO)

30/04/2015 09:07 EDT | Actualisé 01/05/2015 07:36 EDT

L'irruption d'une militante du mouvement Femen dans une conférence de presse à l'Assemblée nationale jeudi matin soulève des doutes sur la sécurité à l'hôtel du parlement.

Le gouvernement Couillard a fait savoir qu'il s'attend à ce que des mesures soient prises pour empêcher qu'un tel incident ne survienne de nouveau.

Le gouvernement prend l'affaire au sérieux et a demandé des comptes. "On considère que cet événement n'aurait pas dû survenir et on s'attend à ce que des mesures soient prises pour que cela ne survienne plus", a déclaré le directeur des communications au cabinet du premier ministre, Charles Robert.

Le Bureau de l'Assemblée nationale fera un examen et s'assurera que des gestes soient posés en conséquence, a-t-il ajouté au cours d'une entrevue téléphonique.

La Tribune de la presse parlementaire, qui regroupe les journalistes qui travaillent à l'Assemblée nationale, a commenté. C'est cette organisation qui émet les accréditations, dont celle qui a été remise à Neda Topaloski. En point de presse, le président de la Tribune, Alexandre Robillard, a indiqué que la personne avait présenté une carte de presse et que le laissez-passer avait été émis en vertu des règles.

"Rien ne permettait de croire qu'on était devant quelqu'un qui était un imposteur", a dit M. Robillard, qui est également correspondant parlementaire de La Presse Canadienne.

Cet incident est "décevant", a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il serait "prématuré" d'affirmer que cet événement nécessite obligatoirement un resserrement des règles de sécurité.

"Est-ce qu'il y a matière à réfléchir de part et d'autre? Oui", a-t-il toutefois concédé.

En fin de journée, jeudi, l'Assemblée nationale a indiqué par communiqué qu'elle allait discuter avec la Tribune de la presse parlementaire afin de "concilier le droit du public à l'information et la sécurité des députés".

"Cet incident malheureux a fait ressortir certaines lacunes en matière de sécurité en ce qui a trait à l'accréditation des journalistes, plus particulièrement à l'égard des rôles respectifs de la Tribune de la Presse et de la direction de la sécurité de l'Assemblée nationale", mentionne le communiqué.

L'Assemblée avait déjà commencé, au cours des derniers mois, à resserrer ses règles de sécurité. "L'accès aux immeubles et la circulation sur la colline Parlementaire font l'objet de contrôles plus serrés et de restrictions supplémentaires, le tout dans le respect du délicat équilibre entre l'accès du public et la protection des élus", affirme-t-on.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a pour sa part réclamé un resserrement de la sécurité à l'Assemblée nationale. "Je ne m'attendais pas à ce que notre mécanisme de sécurité soit aussi facilement contournable, a déclaré le député de Bécancour, Donald Martel. Moi, je ne suis pas insécure, mais il ne faut pas être aveugle, on a vu ce qui s'est passé à Ottawa (les attentats de l'automne dernier)."

La ministre de la Culture, Hélène David, s'apprêtait à amorcer une conférence de presse dans une petite salle conçue à cette fin pour les médias quand la jeune femme qui s'était fait passer pour une journaliste a surgi de nulle part en exhibant ses seins.

Devant les caméras, elle a hurlé "non à la Loi 20" en répétant "avortement, priorité!". Sur sa poitrine était écrit "Priorité IVG" (interruption volontaire de grossesse). Quand elle a soulevé sa jupe, on a pu aussi lire "mon utérus, ma priorité".

Après quelques secondes de ce manège, sous le regard surpris et embarrassé de la ministre, un agent de sécurité s'est emparé de la manifestante pour la sortir de la salle. Les agents ont eu du mal à maîtriser la femme qui a été emmenée de force.

Elle portait une accréditation de presse temporaire d'un jour émise par le Service aux courriéristes parlementaires au nom de Neda Topaloski, pour le compte d'un média appelé "Next".

Une recherche sommaire permet de constater que Neda Topaloski est connue comme une militante associée aux Femen qui a posé ce type de gestes à d'autres occasions.

La ministre a repris ensuite sa conférence de presse concernant le récent jugement de la Cour d'appel sur l'affichage commercial en français.

Le projet de loi 20 qui était dénoncé par la jeune femme porte notamment sur les quotas de patients des médecins. Certains groupes craignent que cela restreigne l'accès à l'avortement.

Quant à savoir ce qui était advenu de la femme une fois qu'elle avait été interpellée, les responsables de la sécurité au parlement ont affirmé qu'ils n'étaient pas habilités à discuter de cet incident et ont renvoyé les questions au Service des communications de l'Assemblée, qui a à son tour affirmé qu'il n'était pas autorisé à divulguer des renseignements.

Les Femen ont déjà fait un coup d'éclat à l'Assemblée nationale. Pendant le débat sur la Charte de la laïcité sous le précédent gouvernement de Pauline Marois, quelques-unes d'entre elles s'étaient mises à hurler dans les tribunes du Salon bleu contre le crucifix au-dessus du trône de la présidence.

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