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Levées de cours à l'UQAM : la détention du militant Hamza Babou contestée

27/04/2015 10:28 EDT | Actualisé 27/04/2015 10:28 EDT
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L'avocate du militant Hamza Babou, Me Véronique Robert, déposera une requête en révision judiciaire devant la Cour supérieure aujourd'hui pour contester la décision du juge de la cour municipale qui a décidé de le garder en détention en attendant qu'il subisse son procès.

Son client fait face à 12 chefs d'accusation de voies de fait, d'agression armée (pour avoir utilisé des serpentins en aérosol), de menaces de mort ou de lésions corporelles et d'attroupement illégal à la suite de gestes posés lors d'une opération de levées de cours à l'UQAM.

Lors d'une conférence de presse tenue dimanche, le député de Québec solidaire Amir Khadir et l'avocat Julius Grey ont dénoncé la détention préventive de M. Babou, qu'ils jugent injustifiée.

« On assiste à une judiciarisation, certains parleraient d'une criminalisation, de la contestation politique », a déploré M. Khadir. « Alors que plusieurs bandits que nous avons pu voir passer devant la commission Charbonneau continuent à courir en toute liberté, il y a un sentiment de deux poids deux mesures. »

Le député de Mercier presse les juristes, les associations de défense des droits et le public de faire entendre leur voix dans le dossier. « On doit se demander si c'est comme ça en démocratie qu'on protège le droit des individus, le droit à la dissidence, le droit à la grève, et même le droit des accusés. »

Julius Grey, avocat spécialisé dans les droits de la personne, croit lui aussi que le maintien en prison d'Hamza Babou est un « geste punitif » injustifié. Même les personnes accusées d'homicide involontaire, rappelle-t-il, sont souvent libérées sous caution.

« C'est vraiment insolite. L'incarcération dans l'attente d'un procès doit être pour les cas les plus exceptionnels, et cela n'en est pas un. »

— Julius Grey

Me Grey ne remet pas en question la bonne foi du juge de la cour municipale, mais est convaincu que sa décision sera cassée. Selon lui, la décision du magistrat s'inscrit dans « une tendance en droit criminel, une nouvelle sévérité dans un monde où il y a de moins en moins de crimes. »

« La dissidence est importante, particulièrement quand le point de vue n'est pas populaire. On n'a pas besoin de la liberté d'expression pour dire j'aime ma mère, illustre-t-il. C'est quand on veut dire quelque chose de dérangeant, quand on n'a pas l'accord, qu'il est nécessaire de pouvoir être dissident. »

Le juge Denis Laberge, qui a refusé de libérer Hamza Babou, a expliqué sa décision en écrivant « que l'opinion publique serait un peu découragée de voir que la justice, finalement, n'arrive à rien », soulignant que l'accusé avait déjà violé une injonction de la Cour supérieure pour stopper le blocage des cours à l'UQAM.

Le juge s'était défendu de vouloir faire du jeune homme un exemple. « Je ne veux pas que vous soyez la personne qui paye pour tous les autres. Ce n'est pas ça du tout », avait-il dit au jeune militant.

Hamza Babou doit revenir en cour municipale mercredi.

Avec les informations de Marie-Ève Maheu

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