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États-Unis: Le tueur présumé du cinéma d'Aurora est-il un monstre ou un malade?

27/04/2015 07:18 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this June 4, 2013, file photo, Aurora, Colo., theater shooting defendant James Holmes appears in court in Centennial, Colo. Taxpayer costs for the Colorado theater shooting case have risen to at least $2.2 million before the trial has even started. That figure doesn't include legal costs for the defendant. The Holmes trial is expected to start April 27. (AP Photo/The Denver Post, Andy Cross, Pool, file)

Le procès de James Holmes, accusé d'avoir ouvert le feu dans un cinéma d'Aurora, tuant douze personnes, est entré dans sa phase principale lundi près de trois ans après les faits, l'accusation tentant de décrire un monstre, la défense un malade mental.

L'ex-étudiant de 27 ans atteint de troubles psychologiques est également accusé d'avoir blessé 70 personnes et risque la peine de mort.

Il a passé en détention les presque trois ans écoulés depuis la tuerie du 20 juillet 2012 à Aurora, dans le Colorado (ouest des Etats-Unis), dans un cinéma où était projeté "The Dark Knight Rises", l'un des films du réalisateur Christopher Nolan sur le super-héros Batman.

Il a plaidé non coupable pour maladie mentale et a écouté le juge avec calme lundi lorsque ce dernier a fait quelques remarques pour ouvrir l'audience, avant de donner la parole à l'accusation, devant une salle de tribunal bondée où environ 400 personnes étaient présentes.

"Le 20 juillet 2012, (Holmes) a essayé d'assassiner les spectateurs d'une salle de cinéma bondée parce qu'il pensait qu'il se sentirait mieux après", a démarré le procureur George Brauchler, au début d'une plaidoirie de deux heures.

Le procureur a ensuite fait entendre aux douze jurés un enregistrement d'un appel d'urgence où l'on entend une série de coups de feux, et a dévoilé une maquette du cinéma d'Aurora.

Citant un carnet de notes de Holmes, George Brauchler a lu un passage où l'accusé décrivait "sa longue haine de l'humanité" et affirme qu'il décrivait aussi "de façon détaillée comment attaquer un cinéma".

M. Brauchler cite aussi Holmes ayant écrit: "j'ai décidé de dédier ma vie à tuer des gens".

"Je ne suis pas suicidaire mais je pense à tuer des gens", aurait également déclaré l'accusé à un psychologue en mars, quatre mois avant le massacre.

James Holmes fait face à 166 chefs d'accusation, notamment pour meurtre aggravé, tentative de meurtre et possession d'explosifs.

Selon des témoignages, il était déguisé lors de la tuerie en Joker, personnage maléfique des films et des bandes-dessinées Batman, et arborait sa chevelure orange lors des audiences au tribunal pendant les jours suivant la tuerie.

Il portait une tenue plus sage lundi: chemise bleue rayée, pantalon en flanelle, lunettes, cheveux coupés court et barbe rasée de près.

«Pas un monstre»

Selon des témoins, James Holmes a lancé le 20 juillet 2012 un fumigène dans la salle de cinéma avant d'ouvrir le feu, tirant au hasard avec un fusil d'assaut AR-15, un pistolet calibre .40 et un fusil de chasse.

Lors d'audiences préliminaires, les procureurs ont déclaré que Holmes avait assez de munitions pour tuer tous les spectateurs de cette salle bondée.

Son appartement a été découvert piégé avec des explosifs amateurs, que la police a dû désarmer avant d'entrer.

Les parents de l'accusé, Robert et Arlene Holmes, ont écrit en décembre une lettre au quotidien le Denver Post affirmant que leur fils n'avait jamais fait de mal à qui que ce soit avant le massacre.

"Ce n'est pas un monstre. C'est un être humain atteint de graves troubles mentaux", affirmait le couple dans sa lettre à propos de leur fils, étudiant en neuroscience à l'école de médecine de l'Université du Colorado avant la tuerie.

S'il est jugé non coupable pour cause de maladie mentale, il sera enfermé dans un hôpital psychiatrique de l'Etat du Colorado. Pour être libéré, il devrait être déclaré guéri de troubles mentaux et ne représentant aucun danger pour lui-même ou pour autrui.

Selon les avocats, une telle éventualité est très peu probable, car aucun psychiatre ne prendrait le risque de le libérer.

Il y a toutefois au moins un précédent connu: John Hinckley a été jugé non coupable pour cause de maladie mentale après sa tentative d'assassinat du président Ronald Reagan en 1981.

Hinckley est détenu dans un hôpital psychiatrique de la capitale Washington, mais a vécu avec sa mère dans l'Etat voisin de Virginie 17 jours par mois depuis 2013. Ses médecins ont, à sa demande, donné un avis favorable à sa libération permanente accompagnée d'une surveillance judiciaire et médicale.

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