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«Flux» au MAC: David Altmejd nous parle de sa future exposition (ENTREVUE/VIDÉO/PHOTOS)

13/04/2015 11:59 EDT | Actualisé 13/04/2015 12:02 EDT

L’univers singulier et fantasmagorique du sculpteur moderne David Altmejd aura droit à une nouvelle exposition au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) du 20 juin au 13 septembre prochain: Flux.

«Flux» de David Altmejd au MAC

Entre Ottawa et New York, le Québécois a fait escale la semaine dernière à Montréal pour en parler devant quelques représentants des médias, dont Le Huffington Post Québec.

La rencontre organisée par le MAC se voulait plutôt informelle. David Altmejd, que l’on s’arrache à l’internationale via la Biennale de Venise ou bien à la Fondation Brant de New York, s’est volontiers prêté au jeu des questions-réponses afin de nous donner un petit avant-goût de cette expo que l’on nous annonce déjà exceptionnelle.

Au cours de la discussion ont été abordés plusieurs aspects de sa création tendance régénératrice représentée par des personnages originaux aux noms évocateurs, tels les Bodybuilders, signifiant ici: «ceux qui construisent leur corps», ou les fameux géants, sortes de figures originelles.

Injustement classé parmi les nouveaux gothiques, Altmejd est au contraire un artiste visuel qui privilégie le vivant et sa perpétuelle transformation. «La chose la plus extraordinaire dans l’univers est selon moi le corps d’une personne, a-t-il raconté. Le corps est un objet qui contient l’infini. Il est capable de générer du sens. Pas seulement de transmettre ou de communiquer du sens, mais d’en générer.»

Celui qui se définit pareil à un «fétichiste de l’énergie» a tenté de résumer son art à travers son désir de créer un objet qui serait potentiellement capable de fonctionner dans le monde comme un corps. «Je n’ai pas la prétention de penser que je vais réussir à faire un objet ou une sculpture qui fonctionnerait comme un corps. Mais essayer d’atteindre cet objectif représente un projet excitant et très important pour moi.»

Intitulée Flux, l’exposition est une première collaboration entre le MAC et le Musée d’art moderne de Paris. L’institution française a déjà accueilli l’expo en 2014 sous la forme d’une riche rétrospective comprenant près de cinquante sculptures. L’expo est présentement en cours au Musée d’art moderne du Luxembourg. Elle arrivera à Montréal dans une version différente et plus réduite.

Un parcours élégant divisé en périodes artistiques

Le titre de l’exposition Flux est tiré du nom de la sculpture phare la plus imposante de l’événement «The Flux and The Puddle». L’œuvre synthèse est censée contenir tout ce que l’artiste de 40 ans a réalisé depuis le début de sa carrière.

«J’ai décidé de faire une pièce monumentale qui posséderait tous les matériaux et toutes les références de mon travail», a-t-il expliqué avant d’ajouter que le mot flux résonne aussi comme un écoulement du temps ou une métamorphose. «Des concepts présents dans tout ce que je fais.»

Ensuite, il a expliqué que l’expo sera installée dans cinq pièces du musée comme autant de chapitres. «Chaque salle produira une atmosphère unique correspondant à un cycle de mon travail. Par exemple, il y aura une salle sombre qui reviendra sur mes débuts.»

À ce titre, la première œuvre que le public découvrira sera certainement le buste de sa sœur, Sarah Altmejd, 2003. «Le trou noir à la place du visage représente le néant. Un bon début donc pour ouvrir l’expo», a-t-il dit.

D’ailleurs, Altmejd qui vit et travaille à New York verrait bien les murs de la première salle peinte tout en noir. «J’aime cette idée que l’on commence l’expo dans une ambiance d’un après Big Bang où les objets non agglomérés flottent encore. La deuxième salle sera au contraire plus classique et naturelle. Il y aura des figures verticales baignées dans de la pleine lumière.»

Les pièces (une trentaine) ont été choisies par le sculpteur pour s’accorder aux espaces vastes du MAC. «Le parcours y sera élégant et naturel», a-t-il prévenu. Ainsi le public pourra pénétrer au cœur d'un monde dynamique peuplé de créatures hybrides et anthropomorphiques.

Symbolisée par des têtes humaines à la chaire pendante, des animaux empaillés ou des monstres mythiques (les emblématiques loups-garous), cette production complexe et évolutive, parfois piégée dans de grands cubes en plexiglas, rappelant les univers cinématographiques de David Cronenberg ou de David Lynch, couvrira une période d'environs une quinzaine d'années de création.

Pour plus de détails sur l’expo, c'est ici.

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