NOUVELLES

Attentats de Boston: parole à la défense après des images parfois insoutenables

30/03/2015 03:44 EDT | Actualisé 30/03/2015 03:46 EDT
AP Photo/Jane Flavell Collins
In this courtroom sketch, Dzhokhar Tsarnaev, center, is depicted between defense attorneys Miriam Conrad, left, and Judy Clarke, right, during his federal death penalty trial, Thursday, March 5, 2015, in Boston. Tsarnaev is charged with conspiring with his brother to place two bombs near the Boston Marathon finish line in April 2013, killing three and injuring 260 people. (AP Photo/Jane Flavell Collins)

Après l'audition de 92 témoins et des images parfois insoutenables, l'accusation a achevé lundi à Boston sa présentation dans le procès de l'accusé des attentats du marathon, et cédé la place à la défense.

Djokhar Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d'origine tchétchène, est jugé depuis le 4 mars au tribunal fédéral de Boston. Il risque la peine de mort pour ces attentats, les plus graves depuis le 11-Septembre aux Etats-Unis.

Ils avaient fait 3 morts et 264 blessés lorsque deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d'arrivée du célèbre marathon de Boston le 15 avril 2013.

Après quatre semaines de présentation, l'accusation a conclu lundi avec le témoignage d'un médecin légiste, Henry Nields, qui a raconté avec des détails parfois insoutenables les blessures mortelles de la plus jeune des victimes, Martin Richard, 8 ans, éventré, le foie à nu, brûlé, et certains os brisés par la bombe déposée tout près de lui par Djokhar Tsarnaev. Les parents du petit garçon, Denise et Bill, étaient présents dans la salle du tribunal où l'émotion était vive.

"Il avait huit ans", a rappelé le médecin légiste.

Les vêtements maculés de sang du petit garçon d'1,34 m et 31 kilos ont également été montrés aux jurés, dont certains n'ont pas pu retenir leurs larmes.

Des photos ont également été présentées, dont l'une montrant la famille Richard, alors heureuse, juste devant Djokhar Tsarnaev près de la ligne d'arrivée du marathon. Une autre montrait Martin Richard gisant à terre. Sa petite soeur Jane a également perdu une jambe dans l'attentat.

Dès le début du procès, vu la quantité d'éléments à charge fournis notamment par les caméras de surveillance, la défense a reconnu l'implication de Tsarnaev dans les attentats. "C'était lui", avait admis son avocate Judy Clarke le 4 mars.

Sous la coupe de son frère

Mais déterminée à lui éviter la peine de mort, elle a aussi avancé que le jeune étudiant, qui avait obtenu la citoyenneté américaine quelques mois plus tôt et paraissait à l'époque bien intégré, était sous la coupe de son frère aîné Tamerlan, 26 ans.

"C'était Tamerlan Tsarnaev qui s'était auto-radicalisé. C'était Djokhar qui suivait", avait-elle dit.

Tamerlan, qui avait construit et déposé les bombes avec son cadet, était décédé trois jours après les attentats lors d'une confrontation armée avec la police.

Mais en quatre semaines de témoignage, les procureurs ont à l'inverse dressé le portrait d'un jeune meurtrier de sang froid : étudiant décontracté, fumeur occasionnel de marijuana, qui avait échoué à plusieurs de ses examens et était devenu un avide lecteur de contenus islamistes, retrouvés dans son ordinateur.

Ces contenus avaient commencé à y apparaître environ un an avant les attentats, a témoigné un expert.

Et après les témoignages bouleversants de certains amputés, les procureurs l'ont montré 30 minutes après le carnage, achetant tranquillement du lait, comme si rien ne s'était passé.

Veste sur chemise à col ouvert, parfois tête baissée, parfois parlant avec Judy Clarke, Tsarnaev est resté impénétrable lundi, comme depuis le début du procès.

Il est aussi accusé d'avoir tué un policier en faction dans sa voiture sur le campus du MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour essayer de lui voler son arme trois jours après les attentats.

Durant le procès, les jurés ont pu voir ce qu'il avait écrit à l'intérieur du bateau où il s'était caché, après la mort de son frère.

Il expliquait son acte par le fait que "le gouvernement américain tue nos civils innocents. Je ne peux pas supporter de voir un tel mal rester impuni", avait-il écrit.

Si les jurés le reconnaissent coupable, une deuxième phase du procès commencera alors. Les jurés devront ensuite décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Boston Bombing Trial Evidence