BIEN-ÊTRE
28/03/2015 04:35 EDT | Actualisé 30/03/2015 11:58 EDT

Rallye Aïcha des Gazelles 2015: galères, joies et dépaysement (PHOTOS/VIDÉOS)

Les douze Québécoises, parties affronter le désert marocain et vivre l'expérience humaine et sportive unique, le Rallye Aïcha des Gazelles 2015, viennent de vivre leur troisième journée. Intensité, galères, joies et dépaysement étaient au programme. Récit du troisième jour avec notre envoyée spéciale.

4h du matin. Heure marocaine. « C'est l'heure les gazelles ! Il est 4h, les dunes vous attendent », s'exclame une organisatrice du Rallye Aïcha des Gazelles. Les lampes torches s'allument les unes après et les autres dans les tentes plantées au pied des dunes de Merzouga dans le sud-est du Maroc. Le bivouac de la 25e édition du Rallye Aïcha des Gazelles prend vite vie. Certaines filent sous la douche, d'autres préparent leurs affaires pour affronter le désert pour la troisième journée consécutive.

5h, c'est l'heure du briefing. Les 266 participantes prennent le petit déjeuner sous la tente « restaurant » du Rallye. Au menu, les fameuses « baghrir » et « msmen », crêpes marocaines accompagnées de fromage et de miel. Dominique Serra, la présidente du rallye, micro en main, déambule sous la tente et donne les dernières instructions pour la journée. Une heure plus tard, le soleil se lève timidement tandis que les filles du désert sont toutes sur la ligne de départ. Le pied sur l'accélérateur pour la plupart ou main droite sur le guidon d'accélérateur pour les motardes, la journée s'annonce intense, car aujourd'hui ce sont les magnifiques dunes de Merzouga qui attendent les gazelles.

Magnifiques ? Oui, mais redoutables ! Au total, les gazelles doivent récupérer 6 balises. Cinq dans les dunes de Merzouga et une dans la boucle du retour. Loin d'être une balade de courtoisie. Pour ma part, j'embarque avec Zakaria, un pilote marocain de 52 ans, bénévole pour le rallye depuis deux ans. Le désert, il le connaît comme sa poche. « J'ai 15 ans de pratique du terrain, c'est mon « bled » (pays) ici », affirme cet entrepreneur de location de 4X4 à Marrakech.

Rallye Aïcha des Gazelles 2015

Journée de galères

À peine trente minutes plus tard, nous voilà déjà rendus à la première balise que les « gazelles » doivent trouver. Pour nous, qui sommes équipés d'un GPS, c'est un jeu d'enfant. Par contre, pour les filles, qui sont équipées de boussoles et de cartes de navigation, c'est une autre paire de manches. Les plus expertes arrivent peu de temps après nous. En revanche, celles qui en sont à leur première aventure, ce n'est pas gagné. En plus du système de navigation archaïque, les dunes de Merzouga sont un terrain changeant où le sable joue bien des tours. Surtout pour les malchanceuses qui s'enlisent dans le sable.

C'est ce qui est arrivé à Julie et Anne, deux jeunes Françaises, à quelques mètres de la première balise. Plus le sable est sec et plus il est difficile de rouler. Il faut devenir plus stratégique afin d'emprunter des chemins encore un peu humides. « Bah on s'est ensablé juste avant ! Du coup on a dû désensabler les roues, mais ça n'a pas suffi. Heureusement qu'un autre équipage nous a tracté pour nous défaire du pétrin », raconte tout sourire Julie.

Quelques instants plus tard, c'est au tour des Québécoises d'enregistrer leur passage au drapeau rouge, repère d'une balise. Dynamiques et enjouées, Pascale Paquette et Stéphanie Samson, les deux infirmières québécoises, se disent satisfaites de leur départ d'aujourd'hui. « Le premier jour, on a eu beaucoup d'ennuis mécaniques. On a eu des pannes de batteries et ensuite nos pneus étaient dégonflés. Les mécanos du rallye ont dû nous porter main forte à plusieurs reprises. On a perdu du temps, mais on va se rattraper », s'encourage Stéphanie.

Entraide et solidarité entre gazelles

Nous reprenons la route. Le paysage est époustouflant. Les dunes passent et ne se ressemblent pas. L'horizon se confond entre le sable doux, fin et orange du désert et le ciel bleu azur sans un nuage en vue. Les 4X4 se suivent. Les quads et les motos, plus rapides et plus pratiques pour traverser le désert, se donnent à cœur joie en narguant les 4X4 qui parfois peinent à franchir une dune. Mais les gazelles sont solidaires. «Pis pour cette épreuve, on a le droit de s'allier avec un autre équipage. Si l'un est "tanké" ou en mauvaise posture, l'autre arrive en renfort. Pelle à la main, c'est parti pour désensabler les copines », affirme Pascale.

C'est ce qui c'est passé pour la deuxième équipe de Québécoises, constituée de Geneviève Becotte et Marie-Claude Tanguay, deux amies médecins, à Québec et Saint-Julien, qui participent pour la première fois au rallye. Les « Crazy's Doctor », comme elles aiment qu'on les appelle ont dû pelleter deux fois dans les dunes aujourd'hui. « Mais on prend vraiment beaucoup de plaisir à l'aventure malgré les galères. Et puis on s'entend vraiment bien. On prend ça relaxe, on rigole tout le temps. On est assez bruyantes en fait. Et on ne s'est pas encore chicanées. C'était un peu notre crainte, comme nous avons deux forts caractères. Mais finalement on apprend de l'une et de l'autre », expliquent-elles en arrivant à l'avant-dernière balise.

Il est 12h30 et la dureté de l'épreuve se fait grandissante. Une pose lunch s'impose. Le rallye fournit des rations de nourriture bien garnies. Pâté de volaille en entrée, nouilles chinoises, salade de poulet, biscottes, confiture, compote de pommes, barres de chocolat et même un petit sachet de bonbons Haribo pour remonter le moral des troupes. Mais pour les Québécoises, pas de temps à perdre. « On mangera plus tard ! ». Elles remontent illico dans leur 4X4 blanc recouvert d'autocollants à l'effigie de leurs commanditaires. Destination ? Le désert aride ! Quelques tentes de Bédouins plantées ici et là sont la seule preuve d'une vie humaine dans ce désert quasi dépourvu de végétations.

Pour cette étape, ce n'est plus une épreuve de technique comme dans les dunes, mais de navigation et de sens de l'orientation. Il est 16h passées lorsqu'elles arrivent enfin à la dernière balise pour boucler leur troisième journée dans le désert. Geneviève est tellement aux anges d'avoir réussi à baliser son circuit qu'elle saute de joie sur le drapeau rouge ! « C'est terminé pour aujourd'hui ! On a bien mérité une bonne douche au bivouac et un bon repas, hein Marie-Claude ? »

La journée de demain est tout aussi importante dans l'épreuve, car c'est un marathon qui se déroule sur deux jours. Il permet de changer de région. Nous quitterons donc la région de Merzouga pour aller vers la région de Mahmid demain afin de rejoindre le bivouac dans la région de Oulad Driss lundi soir.

Au programme, sable, encore et toujours, navigation dans les « ouedes », les rivières asséchées qui forment des creux, une nuit à la belle étoile où les gazelles devront se débrouiller en toute autonomie puis rejoindre le bivouac le plus simplement possible le lundi soir. Mais avant ça, les organisatrices du rallye ont prévu un repas italien, cuisiné par Luana Bellmondo, animatrice d'émissions culinaires, notamment sur la chaîne Cuisine +, où elle partage ses recettes de gastronomie italienne.

Et avant d'aller se coucher, les filles pourront admirer un joli feu d'artifice avec un verre de champagne à la main.

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