«300 raisons d'aimer New York»: sur les traces de Marie-Joëlle Parent (PHOTOS)

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MARIE JOELLE PARENT
Marie-Joëlle Parent | Jean-François Galipeau
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Marie-Joëlle Parent est la correspondante multiplateformes de Québecor Média à New York depuis 2009, et elle est les yeux et les oreilles de ses 23 000 abonnés sur Twitter, ses 11 600 fidèles d’Instagram et ses 5000 «amis» Facebook dans la Grosse Pomme.

Le regard de la sympathique brunette de 32 ans s’illumine et elle devient intarissable lorsqu’elle parle de sa ville d’adoption, qu’elle prend plaisir à arpenter à vélo pour en découvrir les moindres recoins cachés, loin, très loin, des circuits touristiques traditionnels. On la lit dans le Journal de Montréal, on l’aperçoit parfois à TVA ou LCN, mais on peut surtout la suivre en tout temps sur les réseaux sociaux, où elle est hyperactive, toujours prête à partager ses trouvailles, et où elle répond à tous les messages qu’elle reçoit.

Depuis six ans, elle est sans contredit devenue l’une des références absolues dans la liste des Québécois établis à New York. En 2013, Le Nouvel Observateur désignait son compte Instagram (qui compte 9000 images!) comme l’une des fenêtres à suivre absolument.

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C’est d’ailleurs sa vitrine Instagram qui lui a apporté un contrat d’édition. Ainsi, Marie-Joëlle Parent lance 300 raisons d’aimer New York, un guide de son cru de près de 300 pages, rempli de textes rédigés de sa plume et de photos croquées de sa main. Fruit d’un labeur de deux ans effectué les soirs et les week-ends, et résultat de toutes les recherches et promenades effectuées dans New York depuis six ans, l’ouvrage à la couverture jaune vif, dynamique et coloré, recense les suggestions de Marie-Joëlle dans tous les domaines : gastronomie (restaurants haut de gamme, pizzas, hamburgers, cafés), bars, rues, musées, parcs, hôtels, boutiques, etc.

«C’est ma vision de New York, explique la jeune femme. C’est un guide personnalisé, ce n’est pas seulement un carnet d’adresses. Il y a beaucoup de portraits de personnages new-yorkais. Dans chaque quartier, je présente un New-Yorkais extraordinaire, qui peut avoir une vie tout à fait simple, ou pas. Ça peut être un cireur de chaussures, un chauffeur de taxi, la muse d’Andy Warhol ou l’inventeur du logo I Love New York. On trouve toutes sortes d’histoires. Je souhaitais que les gens qui n’ont pas nécessairement l’argent pour aller à New York puissent voyager en lisant le livre.»

Lieux inusités

Même si son auteure ne boude pas nécessairement les emplacements mythiques de New York, ceux où on a tendance à se précipiter lorsqu’on y met le pied la première fois, 300 raisons d’aimer New York répertorie principalement des lieux et des enseignes inusités, cachés, connus seulement des initiés. Marie-Joëlle nous propose des parcours un peu plus aventuriers que ceux auxquels on est habitués, qui sortent des sentiers battus. Bref, elle nous expose des endroits que «les New-Yorkais fréquentent vraiment».

Oui, Marie-Joëlle nous emmène à Times Square, mais pas dans le centre achalandé du populaire quartier. Elle nous incite plutôt à la suivre dans une zone méditative, où on peut entendre le bruit d’une sculpture sonore terrée dans une bouche d’aération du métro. Dans son bouquin, elle évite l’Empire State Building, elle effleure Central Park, mais s’attarde surtout à Rockefeller Center, qui est, selon elle, «la plus belle plateforme d’observation». Elle démystifie Brooklyn, un coin qui a gagné beaucoup de lustre depuis quelques années et où s’affirment quelques-uns des meilleurs chefs culinaires, dans des restaurants à prix plus que raisonnables. Elle ouvre un panorama sur des îles comme City Island, Roosevelt Island et Governors Island. Où applaudir des spectacles gratuitement en bordure de rue, où contempler un morceau du Mur de Berlin dans Midtown, où admirer la caserne de pompiers de Ghostbuster, où aller pour un week-end un peu plus huppé et coûteux : consultez 300 raisons d’aimer New York, et vos curiosités seront assouvies.

300 raisons aimer new york

«Ces endroits, je les ai tous visités, je les ai essayés plusieurs fois, précise la journaliste. Je les fréquente tous. À New York, je me suis créé un réseau d’amis que je fréquente depuis longtemps et, là-bas, tout le monde partage son carnet d’adresses. Après six ans, j’avais donc assez de matériel à mettre dedans. Ce sont vraiment des coups de cœur, et c’est très diversifié.»

Dans son carnet de contacts new-yorkais, Marie-Joëlle Parent dénombre des correspondants étrangers comme elle, et beaucoup d’autres Québécois, des architectes, des professeurs de yoga, des professionnels de Wall Street.

«J’ai des amis dans tous les domaines, à New York. À Montréal, tu te lies d’amitié avec les gens aux côtés de qui tu as grandi, avec qui tu as été à l’école, tes collègues de travail. À New York, c’est tellement éclaté! Tu peux rencontrer quelqu’un dans une galerie d’art et que ça clique aussitôt. J’ai des amis vieux, jeunes, riches, pauvres, de toutes les classes sociales, et c’est ce qui est enrichissant. Je me suis fait des amis, là-bas, que je n’aurais jamais pu rencontrer ailleurs. Tout le monde est intéressant, fonceur, passionné. Tu ne peux pas rester à New York et ne pas avoir ces caractéristiques-là! (rires)»

Encore tant à explorer

Native de Québec, Marie-Joëlle est déménagée à Montréal lorsqu’elle était enfant. Elle qui ambitionnait d’abord de devenir biologiste a entrepris un baccalauréat en biologie environnementale à l’Université de Montréal, avant de prendre une année sabbatique et de s’exiler à Paris, où elle a notamment été mannequin, pendant un an. De retour chez nous, elle s’est lancée dans les études en journalisme, a été engagée au Journal de Montréal, en 2007, avant la fin de sa formation, et a bouclé ses valises pour New York deux ans plus tard.

«New York est une ville dont je rêvais depuis l’enfance, s’enthousiasme-t-elle. À la minute où je suis arrivée là-bas, je me suis sentie comme à la maison, et je n’ai plus jamais voulu revenir!»

Justement, envisage-t-elle de se réinstaller au Québec éventuellement?

«Je pourrais, mais pas pour l’instant, ricane-t-elle. Je ne suis pas prête! Il y a encore tellement à explorer! Pour l’instant, je veux rester là, je ne sais pas encore pour combien de temps. Je ne dis pas jamais. Ma mère me dit souvent qu’on revient toujours chez soi…(rires) Peut-être, mais pas demain!»

La reporter éprouve toujours une immense fierté lorsqu’elle témoigne des exploits de ses semblables Québécois aux États-Unis.

«J’habite dans l’ombre de la nouvelle tour du World Trade Center, illustre-t-elle. L’antenne, au sommet, a été fabriquée au Québec. Chaque soir, je regarde l’antenne, et ça me rend fière de savoir qu’elle a été fabriquée par des Québécois. J’ai aussi des amis qui ont ouvert un bagel shop, une fabrique de bagels, qui s’appelle Black Seed. Je les encourage depuis le début. Pour moi, être Montréalaise à New York, c’est une carte de visite. Il n’y a pas un New-Yorkais qui ne m’a pas louangé Montréal! Chaque fois que je dis que je viens de Montréal, on me dit : «We love this town!» C’est vraiment un atout, complètement!»

Possible, de connaître New York, comme le fond de sa poche? Non, tranche catégoriquement Marie-Joëlle Parent. Celle-ci a toutefois le mérite d’être très, très familière avec plusieurs espaces de la cité. À ceux qui en sont à leur premier périple à New York, elle conseille d’éviter les «attrape-touristes» de Times Square et de Little Italy et de plutôt lorgner vers le bord de l’eau, le pont de Brooklyn (à traverser à pied), High Line Park, Brooklyn et s’offrir une balade en bateau.

«C’est infini, relève-t-elle. Il y a un roulement constant de restaurants, de magasins. Souvent, quand les gens ont trouvé leur quartier, à New York, ils ne bougent plus. Ton quartier devient ton monde, car tout est à un coin de rue : épicerie, nettoyeur, tout est autour de toi. J’ai longtemps habité dans le cœur de Manhattan, et c’est là que j’ai pu découvrir la ville. Je suis pas mal allée partout. Disons que c’est impossible de connaître toute la ville, mais je la connais pas mal.»

300 raisons d’aimer New York, de Marie-Joëlle Parent, publié aux Éditions de l’Homme, est présentement en vente.

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