DIVERTISSEMENT

«Week-ends»: la routine, l'ennemi des couples (ENTREVUE/VIDÉO/PHOTOS)

16/03/2015 11:54 EDT | Actualisé 16/03/2015 11:54 EDT

Week-ends, chronique intimiste signée Anne Villacèque (Petite chérie) et qui met à l'affiche Karine Viard et Jacques Gamblin. Le film de la réalisatrice et scénariste française aborde le temps qui passe à travers le quotidien d’un couple brisé par les habitudes.

«Week-ends»

Dans son long-métrage E-Love présenté en 2010 sur la chaîne franco-allemande Arte, Anne Villacèque racontait les déboires virtuels d’une trentenaire en manque de sensations fortes. Virage à 380 degrés avec son nouveau film Week-ends dans nos salles depuis vendredi.

«Je voulais cette fois raconter une histoire qui me ressemble autour de personnages de ma génération, a-t-elle déclaré lors d’une rencontre organisée à Paris. La cinquantaine est un bel âge pour parler du couple et de l’amour. C’est une période fragile où tout est possible.»

Les détails de la vie

Week-ends est campé dans un coin perdu de la côte normande. La cinéaste filme sur fond de musique baroque la vie heureuse de deux couples d’amis inséparables jusqu’au jour où l’un des duos se sépare avec fracas. À partir de là, rien ne sera plus la même chose. Doutes, malentendus et regrets viendront dorénavant gâcher les week-ends à la campagne.

«Quand j’avais trente ans, je ne trouvais pas cela intéressant de parler des couples, raconte la cinéaste. Ça ne me passionnait pas du tout. Il reste que le long métrage n’est pas mon histoire même si j’ai vécu certaines scènes. Autour de cela, j’ai tenté de raconter une fable sur le bonheur.»

Originaire du sud de la France, Villacèque a tenu à poser sa caméra dans le nord du pays au cœur d’un lieu fantomatique balayé par les vents et la pluie, un drôle de décor presque inhospitalier.

«L’endroit est le personnage principal du film, précise-t-elle. La région est connue pour ses hautes falaises de calcaires. L’atmosphère y est très bizarre, car bien que la mer soit proche, on ne la voit jamais. Les paysages sont violents et viennent rappeler les grands romans réalistes du XIXe siècle comme ceux de Flaubert ou de Maupassant.»

Imprégnée de cette culture littéraire, la réalisatrice s’intéresse aux détails de la vie, ceux qui semblent anodins, mais dont les répercussions sont terribles. «Je mets le doigt là où ça fait mal, lance-t-elle. C’est ma manière de voir le monde. Je veux raconter ce que l’on ne veut pas voir. J’ai toujours eu très peur de ceux qui ne veulent pas voir la violence des petites choses.»

Sans effet spectaculaire ni flafla, le cinéma de Villacèque est fait de toutes ces particules qui composent la complexité de nos existences. «J’aborde nos angoisses et nos peurs. Je parle de culpabilité et de reproches. Je suis fasciné par la lutte à mort que les humains sont capables de s’infliger dans leur vie de tous les jours. Tout cela souvent pour des chimères.»

L’entrevue a été réalisée à Paris grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

Week-ends – Axia Films – Comédie dramatique – 90 minutes – Sortie en salles le 13 mars 2015 – France.

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