DIVERTISSEMENT

Sur le plateau de tournage de «Les mauvaises herbes» de Louis Bélanger (ENTREVUES/PHOTOS)

18/02/2015 10:19 EST
Sarah-Émilie Nault

Braver le froid, faire siens les paysages d'hiver québécois, réunir des comédiens de talent, raconter une histoire mi-comique mi-dramatique; voilà le pari que le scénariste et réalisateur Louis Bélanger se plaît actuellement à relever, retiré dans la municipalité d'Arundel, à quelques heures de route de Montréal. Sur le plateau principal de son tout dernier bébé cinématographique, Les mauvaises herbes, le réalisateur nous avait donné rendez-vous tout en blanc.

«Les mauvaises herbes» de Louis Bélanger

Un beau, mais difficile tournage d'hiver

«C'est un tournage qui est difficile, à cause du froid, mais qui se passe très très bien, a expliqué Gilles Renaud qui tient l'un des rôles principaux dans Les mauvaises herbes. Les paysages sont tellement beaux et on tourne quand il fait soleil... Mais bon, à -38 degrés Celsius quand il fait soleil, cela fait du -34 degrés Celsius, c'est encore plutôt froid. Mais nous sommes habillés chaudement. Comme c'est un tournage d'hiver, on tourne aussi en motoneige. C'est aussi très froid, mais on ne se plaint pas..»

Le rôle de Simon Boulerice lui a été proposé avant même l'écriture du scénario, il y a quelques années déjà, par ses amis Louis Bélanger et Alexis Martin.

«Il s'agit de mon quatrième film avec Louis Bélanger avec qui j'ai créé une belle complicité. On se comprend juste en se regardant. Je suis un inconditionnel de Louis Bélanger. J'avais commencé dans Gaz Bar Blues et depuis, il est devenu un ami.»

«Mon personnage est un monsieur qui veut laisser un héritage à son fils, qui a une terre qui ne fonctionne plus, qui a une grange qui est vide et qui n'a aucun animal. C'est un ancien cultivateur qui est sur son vieil âge, alors il décide de faire un coup d'argent en faisant pousser mille plants de pot pour les motards dans sa grange. C'est un personnage très attachant, un homme bourru, un peu malade, qui s'ennuie de son fils avec qui il n'a aucune relation, mais qu'il aime pourtant. C'est un homme qui est incapable d'exprimer ses émotions, c'est un personnage un peu complexe. »

«Les trois personnages principaux sont trois personnes qui n'ont vraiment rien à voir ensemble, qui sont très différentes, a-t-il ajouté. Mais ils deviennent une sorte de famille à la fois dysfonctionnelle et harmonieuse; le grand-père, le grand frère et la petite fille si on veut. Il y a une relation très chaude, très belle et très humaine entre ces trois personnes-là.»

Collaboration et coup de foudre

«Louis Bélanger voulait faire un film d'hiver, dans la réalité québécoise, il est servi, a lancé Alexis Martin en avouant que ce tournage blanc était en effet exigeant physiquement. Recollaborer avec Louis me faisait plaisir. C'est notre troisième collaboration; nous avions fait Route 132 ensemble, puis un documentaire sur mon père. C'est une collaboration qui s'étend sur près de douze ans et qui est le fondement d'une belle amitié.»

«Je joue Jacques Sauvageau, un comédien de théâtre qui fuit la ville parce qu'il a des dettes de jeu. Après, on va comprendre pourquoi il a des dettes de jeu, pourquoi le théâtre ne lui suffisait plus. Puis, il finit par se réfugier à la campagne et devenir l'associé du gars joué par Gilles Renaud. Ensemble, ils vont cultiver du pot pour faire de l'argent.C'est une comédie à la base avec des accents plus touchants, un peu comme dans les films italiens», a jouté cet amoureux de littérature qui dit aimer de plus en plus le médium de l'écriture sous toutes ses formes.

«J'étais un fou de théâtre à la base. Aujourd'hui, j'ai cinquante ans, l'écriture est ce vers quoi je tends. C'est peut-être aussi parce que le théâtre est très difficile physiquement. J'adore écrire, de tout; du théâtre, de la poésie, du roman, du cinéma. J'aimerais écrire des chansons. Je me cherche un chanteur ou une chanteuse qui aimerait chanter mes textes. Ce serait de la poésie en chansons.»

Quant à la jeune comédienne Emmanuelle Lussier-Martinez, qui a décroché le rôle convoité par 25 autres comédiennes et qui en est à sa première expérience au cinéma, elle a raconté avoir eu un coup de foudre avec Gilles Renaud en audition.

«Je joue une jeune Québécoise d'origine latino-américaine qui travaille pour Hydro Québec et qui vient regarder le compteur de cette maison qui… ne tourne pas! Elle se retrouve alors prise en otage, mais il ne suffit que de lui offrir de l'argent pour qu'elle devienne une sorte d'otage volontaire.»

«Physiquement, c'est un tournage difficile, mais émotivement, c'est du luxe, a-t-elle ajouté. Je travaille avec des camarades de jeu extraordinaires. Pour ma toute première expérience au cinéma, je ne pense pas que j'aurais pu mieux tomber.»

Lors de cette douzième journée de tournage (sur un total de vingt-huit), Luc Picard, qui tient le rôle de Pateanaude dans Les mauvaises herbes était aussi présent sur le plateau. Myriam Côté, François Papineau, Bénédicte Décary, Alexis Lefebvre, Yves Bélanger et Stéphane Jacques font aussi partie de la distribution. Le film Les mauvaises herbes est produit par Luc Vandal et Lorraine Dufour.

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