BIEN-ÊTRE

Tommy Hilfiger: "je mets dans mes collections le meilleur de l'Amérique"

16/02/2015 12:12 EST

Dans son showroom à New York, quatre livres sur une table en bois résument mieux qu'un long discours les passions de Tommy Hilfiger: la mode, la pop culture américaine, le rock et Grace Kelly. "Je mets dans mes collections le meilleur de l'Amérique", dit-il.

A 63 ans, le designer américain, le roi du style "preppy" chic et décontracté, fête cette année les 30 ans de sa marque: 1.400 boutiques dans 90 pays sur les cinq continents, 6,4 milliards de dollars en ventes de détail en 2013, des collections homme, femme, enfants, des accessoires et parfums.

"Cela a été un long chemin, un long voyage, et je suis reconnaissant que nous ayons pu nous maintenir", confie-t-il depuis ses studios au bord de l'Hudson à Manhattan, dans un entretien à l'AFP.

Pour marquer cet anniversaire, il a offert lundi un défilé spectaculaire à la Fashion Week de New York, comme lui seul sait les offrir, inspiré cette saison du football américain.

Deuxième d'une famille irlando-américaine de neuf enfants, fils d'un horloger et d'une infirmière, Hilfiger a le succès modeste.

Il est riche et célèbre, dit avoir réalisé le rêve de ses 18 ans. Ce qui le motive encore?

"Je pense que c'est l'idée de faire mieux chaque fois", dit-il. "A chaque collection, je veux faire mieux que la fois précédente. Et nous voulons aussi continuer à évoluer, tout en restant ce que nous représentons en tant que marque. Nous sommes le classique américain cool, nous sommes fun, jeunes et dynamiques", raconte-t-il.

tommy hilfiger

Il a grandi, petit Américain des années 50, à Elmira, ville du nord de l'Etat de New York, et c'est là qu'il a appris à aimer ce qui selon lui représente "le meilleur de l'Amérique".

"Si vous pensez à Hollywood, si vous pensez à la musique, si vous pensez peut-être à Miami, à New York, à Coca-Cola, si vous pensez à Apple, à Microsoft, aux M&M's, au baseball, à toutes ces choses américaines. Il y a là quelque chose différent du reste du monde. Et que je mets là", dit-il en montrant son front. "Et que je mets dans mes collections".

Le défilé automne-hiver 2015-2016 de Tommy Hilfiger

- Ami d'Andy Warhol -

"Andy Warhol est un de mes grands mentors. C'était un héros, un ami quand j'ai déménagé pour la première fois à New York. Et j'ai regardé ce qu'il faisait. Je l'ai regardé intégrer la mode, l'art, la musique, le divertissement, la célébrité dans son art. Et c'est ce que je fais. Ce n'est pas simplement de la mode", ajoute-t-il.

Dans ses studios au décor blanc épuré, à la veille du défilé, l'atmosphère est calme et concentrée. Il porte un pull marine à col camionneur zippé sur un jeans.

Il aime le rock, "les Beatles, les Stones, Who", cite Superman quand on lui demande qui est son super-héros favori, Martin Luther King quand on l'interroge sur un vrai héros. Dit qu'il vient d'achever la lecture de la biographie de Steve Jobs.

Et il rappelle qu'il vient de loin. "Au début, je faisais tout moi-même. Je dessinais chaque pièce, je vendais la collection, je la fabriquais, je faisais tout. Et puis, en chemin, j'ai pu trouver des partenaires".

Son groupe a ensuite été racheté pour 3 milliards de dollars en 2010 par Phillips-Van Heusen, qui possède aussi Calvin Klein. Il est le principal designer.

"Je veux continuer à renouveler la marque, à la garder vivante (...) Mais en même temps elle doit changer, et ce qui est le plus inspirant, la capacité à changer continuellement, car c'est ça, la mode", dit aussi Hilfiger.

Il a récemment annoncé l'ouverture d'un espace de vente entièrement numérique et "révolutionnaire" à Amsterdam pour ses clients en gros, et va ouvrir en mars une grande boutique à Paris, dans les locaux d'une ancienne banque boulevard des Capucines.

Et comme s'il n'était pas assez occupé, ce père de cinq enfants de deux mariages, dont un petit dernier de 5 ans, entend participer "sous une forme ou une autre" à la première Fashion week consacré à l'Homme en juillet à New York.

Il est aussi en train d'écrire ses Mémoires.

"Ils porteront sur l'ensemble de ma vie. J'ai décidé de le faire maintenant, car si j'attends plus tard, j'oublierai peut-être ce que je voulais dire", sourit-il.

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