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Copenhague : arrestations et perquisitions reliées aux fusillades d'hier (PHOTOS)

14/02/2015 11:16 EST | Actualisé 16/02/2015 06:23 EST
ASSOCIATED PRESS
Danish police officers stand outside of a synagogue, Sunday, Feb. 15, 2015, where a gunman opened fire in Copenhagen, Denmark. Danish police shot and killed a man early Sunday suspected of carrying out shooting attacks at a free speech event and then at a Copenhagen synagogue, killing two men, including a member of Denmark's Jewish community. Five police officers were also wounded in the attacks. (AP Photo/Michael Probst)

Les policiers de Copenhague, bien armés et en nombre important, ont mené aujourd'hui une opération dans un cybercafé, près du lieu où a été abattu tôt ce matin le présumé tireur de Copenhague.

Au moins deux personnes ont été arrêtées dans cette opération, qui a été menée en lien avec l'enquête sur le tireur.

Les premiers détails sur le suspect

L'auteur présumé de deux attaques meurtrières à Copenhague a été identifié comme étant un Danois de 22 ans s'appelant Omar El-Hussein, ont indiqué dimanche plusieurs médias danois et étrangers.

Ce jeune homme, abattu par la police dimanche dans la nuit, était sorti de prison, où il avait purgé une peine pour une agression, deux semaines avant les attaques qualifiées d'actes terroristes, a affirmé le journal danois Ekstra Bladet.

Plus de détails ici.

Les agents de la paix ont aussi mené des perquisitions dans des logements du même quartier.

Les enquêteurs n'ont toujours rien dévoilé de l'identité de l'homme, auteur des deux fusillades survenues samedi à l'extérieur d'une synagogue et d'un café où se tenait une conférence sur la liberté d'expression. Ils ont cependant indiqué qu'il leur était connu.

La police, qui a d'abord cru avoir affaire à deux complices, pense maintenant, après avoir recueilli une multitude de témoignages, que le tireur a agi seul.

Par ailleurs, la population danoise a tenu à exprimer sa solidarité dimanche matin avec les victimes des attaques. Devant la synagogue où s'est tenue la deuxième fusillade, plusieurs personnes se sont réunies, s'embrassant, laissant des fleurs ou des bougies, ou signant un livre d'or.

La première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, est venue aussi se recueillir sur les lieux, déposant un bouquet de fleurs et offrant ses condoléances aux membres de la communauté juive.

Les Juifs « méritent de vivre en sécurité »

À la suite de ces attaques, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a lancé un appel à une « immigration massive » des Juifs européens vers Israël. M. Netanyahou parle de mettre en place un plan de 46 millions de dollars pour encourager cette immigration.

« Cette vague d'attaques et les agressions antisémites meurtrières qu'elle englobe risquent fort de se poursuivre. [...] Israël est votre foyer. À tous les Juifs d'Europe, je dis qu'Israël vous attend les bras ouverts. »

— Benyamin Netanyahou

Une première fusillade dans un centre culturel

L'homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée, a ouvert le feu hier sur un centre culturel, où se déroulait une conférence sur l'islam et la liberté d'expression. Il a fait un mort, un homme de 55 ans, et blessé trois policiers qui tentaient de protéger les lieux.

Fusillade à Copenhague

Le suspect, qui n'a pas pénétré dans le café, s'est ensuite enfui à bord d'une voiture. Celle-ci a été retrouvée vide deux kilomètres plus loin, près d'une gare.

Lars Vilk, un artiste suédois ayant dessiné une caricature de Mahomet en 2007, participait à l'événement. Avec des participants au débat, il a réussi à se réfugier dans une autre salle durant la fusillade.

Un artiste controversé

Des menaces ont été proférées à l'adresse de l'artiste Lars Vilks par des groupes islamistes après qu'il eut représenté le prophète Mahomet sous les traits d'un chien en 2007. Il fait depuis l'objet d'une surveillance rapprochée. L'artiste de 68 ans a été la cible de plusieurs attaques depuis quelques années. L'année dernière, une Américaine a été condamnée à dix ans de prison pour avoir planifié le meurtre de M. Vilks. En 2010, deux frères avaient été emprisonnés pour avoir tenté d'embraser la résidence suédoise de M. Vilks.

L'ambassadeur de France au Danemark, qui était également présent, raconte que tout le monde s'est jeté par terre dès les premiers coups de feu.

« Intuitivement, je dirais qu'il y a eu au moins 50 coups de feu, et les policiers ici nous disent 200. Des balles sont passées à travers les portes. »

— François Zimeray, ambassadeur de France au Danemark

Selon la première ministre, Helle Thorning-Schmidt, « tout porte à croire que la fusillade était un attentat politique, et de ce fait, un acte terroriste ».

Deuxième fusillade devant une synagogue

Alors que les policiers cherchaient activement le responsable de cette première fusillade, d'autres coups de feu ont été tirés à l'extérieur d'une synagogue de la capitale danoise.

Un homme atteint à la tête par un tireur a succombé à ses blessures. Deux policiers ont été blessés lors de cette même fusillade. Le tireur a par la suite pris la fuite à pied.

C'est près de la gare de Norrebro que l'homme a été tué par les policiers.

Dénonciation d'un « acte terroriste »

Sur Twitter, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et le nouveau ministre des Affaires étrangères du Canada, Rob Nicholson, ont condamné l'attentat, se disant solidaires du Danemark.

Le ministre français des Affaires étrangères a également condamné l'attaque. « Je condamne avec la plus grande fermeté cet attentat. La France se tient aux côtés des autorités et du peuple danois dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré le ministre dans un communiqué.

L'Élysée a annoncé que le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, se rendra sur place « dans les meilleurs délais ».

#jegercharlie

La fusillade de Copenhague survient un peu plus d'un mois après les attentats terroristes qui ont fait 17 morts à Paris, dont 12 dans les locaux de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo. L'expression « Je suis Charlie/#jesuicharlie » a rapidement été adoptée par les internautes afin de dénoncer le tragique événement.

Un autre élan de solidarité a tôt fait de rattraper les médias sociaux samedi, où ceux qui étaient Charlie hier sont devenus #jesuidanois ou encore #jegercharlie. Une caricature signée Baudry, dessinateur de presse français et collaborateur au site d'information rue89, a rapidement été partagée sur la Twittosphère.

L'image est parlante. On y voit une reproduction de la célèbre statue La petite sirène de Copenhague faire un doigt d'honneur. Au-dessus d'elle, l'inscription Jeg er Charlie, traduction danoise de Je suis Charlie.

Une autre image circule en masse sur les réseaux sociaux. Reconnaissable par son fond noir et ses caractères blancs et gris, on y lit encore une fois : Jeg Er Charlie * Je suis Charlie.

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