DIVERTISSEMENT

Concert historique de Mika avec l'OSM: les cœurs ont fait Boum Boum Boum! (CRITIQUE/PHOTOS)

11/02/2015 10:03 EST
Antoine Saito

Une foule en liesse, deux ovations debout au milieu du spectacle, 20 chansons pop réarrangées en version symphonique par le brillant chef d’orchestre Simon Leclerc et 105 musiciens de l’OSM qui ont mis leur talent au service d’une soirée, durant laquelle Mika a prouvé qu’il est l’un des plus grands artistes de la planète.

Mika avec l'OSM

On savait le chanteur libanais capable de concerts éclatants, mais le premier des trois donnés à la Maison symphonique n’est rien de moins qu’historique. Habillé d’un complet bleu marine, il s’est présenté devant les musiciens de noir et de blanc vêtus, sous les applaudissements nourris des spectateurs.

Ceux-ci ont eu accès à l’imaginaire cartoonesque de l’artiste, très en voix, en découvrant une version plus ample de Toy Boy. Est venue ensuite Underwater, un air dramatique sur disque, qui a pris une grandiloquence royale grâce aux cuivres. Visiblement expansif, Mika a dénoué son étroite cravate avant d’entonner avec une joie contagieuse Boum Boum Boum, sous les influences du flamenco.

Après une interprétation aérienne de Rain, avec sa célèbre voix de fausset, il a fait découvrir au public une chanson inédite de son quatrième album (à venir en 2015), The Last Party. La pièce débute sur des notes de piano nostalgique, alors que le narrateur de la chanson observe sa vie avec lucidité, avant d’inviter les gens à faire la fête si la fin du monde approche. Tout en fragilité, la voix de Mika est tout aussi sublime que dans l’éclat d’énergie.

L’air guilleret de 82, rue des Martyrs a précédé la nouvelle version d’Overrated, où Mika et l’OSM nous ont fait planer dans un voyage vers une autre galaxie, telle la trame sonore d’un film fantastique offrant un contraste avec la thématique des amours déçues.

On est resté sur notre faim en entendant une version plus lente, mais bien proche de l’originale, de Any other world, mais l’émerveillement est vite réapparu en redécouvrant Love you when I’m drunk. Le mélange de cordes pincées et de flute traversière a installé une atmosphère pleine de candeur, qui permettait à Mika de s’éclater.

Ordinary Man, une nouvelle chanson sur les amoureux ordinaires, a dévoilé l’étendue vocale impressionnante du chanteur, capable de passer de ses graves de baryton à sa voix de tête avec virtuosité. La première partie s’est terminée sur la finale tonitruante de Heroes, transformée en chanson de la victoire.

Foule en délire

Après l’entracte, Mika est revenu avec la chanson qui l’a révélé au monde entier, Grace Kelly. Les orchestrations de Simon Leclerc ont souligné l’ingéniosité originale de la mélodie très connue, mais sans autre valeur ajoutée. N’empêche, le succès vivait par lui-même et la foule était en délire.

Le son nasillard du hautbois et la voix de fausset de Mika, lancinant et inquiétant, nous ont fait voir Over My Shoulder autrement, alors que les harmonies vocales avec la soprano Ida Falk Winland étaient de l’ordre du sublime. On se disait depuis le début que ce concert devait être immortalisé sur disque. On en est maintenant convaincu!

Autre nouvelle chanson, Where’ve all the good guys gone, a proposé un refrain accrocheur, sur des rythmes mariant le classique au R & B. Les arrangements de Make You Happy ont été entendus ailleurs 1000 fois, mais ils conféraient à la chanson une rondeur enveloppante.

La première ovation debout de la soirée est survenue à la suite du classique Happy Endings, durant lequel les cuivres rappelaient la marche funèbre – mais jamais macabre – d’un être décédé, alors qu’il est question de la mort d’un amour. Mika y a mis toute son âme.

Il a enchaîné avec Origin of love (écrite à Montréal), dans une version nerveuse évoquant parfaitement les effets addictifs de l’amour. Ensuite, le hautbois et la harpe ont donné un caractère fort singulier à Relax, take it easy, chantée avec douceur et splendeur.

Mika a entamé le dernier droit du spectacle en chantant Elle me dit, aux influences caribéennes, avec tout ce qu’il faut de pimpant et de festif, avant de conclure avec une interprétation virevoltante et intempestive de Love Today.

Un concert grandiose, jouissif et historique.

Mika et l’OSM joueront à nouveau le 11 et le 12 février à la Maison Symphonique. Tous les billets sont déjà vendus.

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