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Harper nomme Nicholson aux Affaires étrangères et Kenney à la Défense

09/02/2015 10:23 EST | Actualisé 11/04/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Forcé de combler le poste aux Affaires étrangères après la démission surprise de John Baird, la semaine dernière, le premier ministre Stephen Harper a remanié son cabinet.

C'est Rob Nicholson, qui détenait le portefeuille de la Défense, qui comblera le poste laissé vacant par M. Baird.

Son collègue Jason Kenney hérite du ministère de la Défense. M. Kenney conserve, cependant, ses responsabilités au Multiculturalisme.

M. Kenney est remplacé à l'Emploi et au Développement social par Pierre Poilievre, qui demeurera également responsable de la Réforme démocratique.

Les trois ministres ont été assermentés lundi matin. Le bureau de M. Harper a annoncé ces nominations sur son compte Twitter sans convoquer la presse parlementaire à la cérémonie, comme il en était d'usage.

Le remaniement ministériel effectué en douce par le premier ministre a été accueilli par une salve de critiques surtout dirigées contre son choix pour le ministère des Affaires étrangères.

«Je trouve ça étonnant et décevant que M. Harper ait pu nommer un ministre des Affaires étrangères qui ne sache pas dire un mot de français», a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, en point de presse à Toronto.

«Ça en dit long sur le fait que M. Harper est vraiment en train d'oublier complètement qu'il y a deux langues officielles au Canada», a conclu le chef de l'opposition officielle.

Au Bloc québécois, on s'est aussi offusqué. Le chef Mario Beaulieu a dit qu'il est «sidérant» de nommer un ministre unilingue anglophone. «Ottawa ajoute l'insulte à l'injure», a ajouté le chef bloquiste dans un communiqué.

Chez les libéraux, on est moins catégorique. «Ce n'est pas la fin du monde, a fait remarquer le député Marc Garneau. Mais c'est toujours dommage que dans une position de haut profil comme ça, et (une position) diplomatique aussi, on n'ait pas une personne bilingue.»

Mais tous n'ont pas oublié que celui que M. Nicholson remplace n'avait rien d'un francophile.

John Baird parlait un français approximatif et il avait fait lever bien des sourcils en insistant pour que ses cartes d'affaires officielles de ministre soient imprimées en anglais seulement.

«Il pouvait au moins dire quelques mots, il pouvait au moins faire des salutations», a insisté la députée néo-démocrate Hélène Laverdière, qui est porte-parole de son parti pour les Affaires étrangères.

«Ce n'était déjà pas idéal avec le ministre Baird, mais là, avec le ministre Nicholson, on recule encore», de l'avis de la députée.

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