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Claude Ruel, ex-entraîneur du Canadien, est trouvé mort dans un ascenseur

09/02/2015 08:59 EST | Actualisé 11/04/2015 05:12 EDT
lescoulissesdusports.ca

MONTRÉAL - À sa façon, Claude Ruel aura marqué l'histoire du Canadien. Celui qui a remporté la Coupe Stanley à sa première saison à la barre de l'équipe s'est éteint tôt lundi matin, à l'âge de 76 ans.

M. Ruel a été trouvé sans vie en fin de nuit dans l'ascenseur d'une résidence de Longueuil. Ses funérailles auront lieu à Sherbrooke en fin de semaine prochaine.

Avec son décès, c'est une page d'histoire de l'équipe qui se tourne.

«Peu de gens savent à quel point non seulement Claude Ruel était important pour l'organisation, mais également pour nous, les joueurs, a raconté Réjean Houle, le président des Anciens Canadiens, très ému au cours d'un point de presse tenu devant le vestiaire du club, au Centre Bell.

«La plupart des joueurs des années 1970 ont toujours vécu très près de Claude. Il nous a tellement apporté. Il était présent, il tenait à ce qu'on s'améliore. Quand Scotty Bowman sortait le fouet, lui nous ramassait et nous permettait de survivre dans ce monde du hockey.»

«Nous avons perdu un homme de hockey de grande valeur qui a grandement contribué aux succès de l’organisation pendant plus d’un demi-siècle. Claude Ruel n’avait pas son pareil pour évaluer le talent et pour aider les jeunes joueurs qui voyaient en lui un père spirituel qui était toujours présent pour leur prodiguer conseil. Tous ceux qui ont côtoyé Claude Ruel sont aujourd’hui remplis de tristesse», a pour sa part souligné le président et chef de la direction du Canadien, Geoff Molson.

Succès instantané

Avant la saison 1968-1969, il a remplacé à seulement 29 ans, le légendaire Toe Blake à la barre de l'équipe et, à sa première saison, il a compilé le meilleur dossier de la LNH avec une récolte de 103 points, dont 46 victoires, en 76 matchs.

«Succéder à Toe Blake fut ma plus grande sensation», a-t-il déjà confié.

Avec Yvan Cournoyer, Jean Béliveau, Serge Savard et Ted Harris comme meneurs, le Canadien a vaincu cette année-là coup sur coup les Rangers de New York, les Bruins de Boston et les Blues de St. Louis et a mis la main sur la 16e coupe Stanley de son histoire. Au total, il a gravé son nom sur la coupe Stanley à cinq reprises, dont quatre comme adjoint à Scotty Bowman.

Il a repris du service au milieu de la saison 1979-1980 quand il a remplacé Bernard Geoffrion. Il a mené l'équipe au premier rang de la section Norris deux saisons d'affilée, mais le Canadien n'est pas parvenu à dépasser le deuxième tour éliminatoire. À la fin de la saison 1980-1981, il a été remplacé par Bob Berry.

Sous ses ordres, l'équipe a gagné une coupe Stanley, a participé aux séries éliminatoires trois fois et a été sacrée championne de section trois fois. Il a dirigé un total de 305 matchs, compilant une fiche remarquable de 172 victoires, 82 défaites et 51 matchs nuls.

«'Piton', comme on aimait bien l'appeler, est un grand bâtisseur pour le club de hockey Canadien, a ajouté Houle. Avec Claude Ruel, c'était toujours très intense. Il y a beaucoup de joueurs qui ont été marqués par la présence de notre ami Claude, car il apportait une dimension différente. Rien que le public peut voir mais tout ce que le joueur a besoin d'avoir comme appui.»

L'une de ses dernières apparitions publiques aura été d'assister aux funérailles de Jean Béliveau, en décembre dernier.

Dépisteur émérite

Né à Sherbrooke le 12 septembre 1938, Ruel a démontré très jeune de belles aptitudes pour le sport. Il a évolué comme défenseur pour le Canadien Junior à la fin des années 1950 et il a également joué pour le Plateau Mont-Royal au sein de la Ligue de baseball Montréal Junior.

Tout a basculé pour lui lors d'un bête accident pendant un match de hockey disputé à Belleville, en Ontario, au début de la saison 1957-58.

«J'ai voulu décocher un lancer frappé, mais le défenseur Ross Kowalchuk a placé son bâton devant moi un peu trop haut. Son bâton a touché mon oeil et non seulement je suis devenu borgne, mais cet accident a mis fin à ma carrière de joueur de hockey et de baseball», a-t-il déjà expliqué.

Cet accident a peut-être mis fin à son rêve de devenir un athlète professionnel, mais n'a pas altéré sa passion pour le sport et surtout pour le hockey.

«Claude était un excellent joueur à l'époque, a précisé Serge Savard, qui a joué sous ses ordres mais qui a également été son patron à titre de directeur général du Canadien. Quand il a perdu l'usage d'un oeil, Sam Pollock l'a immédiatement gardé dans l'organisation. Il est devenu instructeur du Canadien junior.»

Dans l'organisation du Canadien, il a occupé plusieurs fonctions. Il se plaisait d'ailleurs à répéter qu'il y avait tout fait, sauf jouer. Il a été l'entraîneur du Canadien Junior pendant deux saisons (1961-1963), puis il a remplacé Bowman comme dépisteur en chef du Tricolore.

Le plus grand talent de Ruel a sans doute été son flair pour découvrir de jeunes joueurs de talent et de les aider à développer leur plein potentiel. C'est pendant l'ère Ruel que le Canadien a notamment repêché les Guy Lafleur, Steve Shutt, Larry Robinson, Bob Gainey, Patrick Roy.

«Il a agi comme dépisteur pendant plusieurs années et on lui donne le crédit pour la venue à Montréal de Larry Robinson, qui est devenu l'un des meilleurs défenseurs de l'histoire», a ajouté Savard.

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