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Le PQ commet une erreur avec une proposition portant sur le référendum

08/02/2015 10:35 EST | Actualisé 10/04/2015 05:12 EDT

LAVAL, Qc - Le Parti québécois a commis une erreur en inscrivant à son conseil national une proposition portant sur le moment d'un référendum, a reconnu dimanche son président Raymond Archambault.

En clôturant l'événement, qui a réuni 450 délégués, M. Archambault a affirmé aux militants péquistes qu'ils ne veulent pas entendre parler de référendum.

«Vous n'avez pas l'intention et vous n'avez pas l'envie non plus d'entendre parler de référendum, mais vous avez envie de travailler à la préparation de notre projet de pays, a-t-il dit. Le référendum, la mécanique, ça viendra plus tard. Mais d'abord, des arguments solides en faveur de la souveraineté.»

Samedi, les délégués ont rejeté une proposition dont l'objectif était de réitérer l'article 1.1 de son programme prévoyant que l'objectif du PQ est de faire un référendum au moment opportun sur l'indépendance du Québec.

Les militants ont toutefois adopté une proposition déclarant que le PQ veut prioritairement faire l'indépendance, de façon démocratique.

Ces deux propositions faisaient partie d'un document, élaboré à la suite d'une consultation, qui constate notamment que plusieurs membres sont exaspérés «face au débat entourant la mécanique référendaire».

Lors d'un point de presse, dimanche, M. Archambault s'est défendu de vouloir mettre le couvercle sur la question de la stratégie d'accession à l'indépendance du PQ.

Alors que la course à la direction du parti vient d'être lancée officiellement, le président du PQ a affirmé que l'article 1.1 demeure inscrit au programme mais qu'il reviendra au prochain congrès péquiste de décider ou non de le modifier ou non.

«C'est probablement un manque d'attention, a-t-il dit. Le conseil national ne peut pas modifier le programme du parti, c'est le congrès qui modifie le programme du parti.»

Le président a repris à son compte l'approche préconisée par le candidat favori dans la course à la direction, Pierre Karl Péladeau, qui veut se concentrer sur la promotion de l'indépendance sans préciser le moment où un référendum serait opportun.

«Les militants ont raison, il faut être clair mais avant de parler de ça, c'est de se préparer, de préparer le projet de pays, a-t-il dit. On ne peut pas commencer à parler de la date du référendum, à mon avis, si on n'a pas fait notre travail, un travail de préparation.»

M. Archambault a affirmé que les règles du conseil général empêchaient une «mise au dépôt» de la proposition réitérant l'article 1.1, ce qui a forcé les délégués à «battre ce paragraphe là pour le faire disparaître.»

«Ce qui s'est produit, c'est que ce paragraphe n'aurait pas dû se retrouver dans la déclaration de Laval, tout simplement, a-t-il dit. Ç'a été une erreur d'avoir laissé ça là.»

Le député et candidat Bernard Drainville a affirmé que cette décision traduit la volonté des militants de laisser toute la marge de manoeuvre nécessaire aux candidats à la course à la direction.

«Les militants disent: avant de réitérer le spécifique, peut-on ouvrir la discussion ? La course au leadership sert à avoir une discussion, et sert à chaque candidat à avoir la chance de présenter son plan. Par ailleurs, c'est le congrès qui va servir à changer ça, l'article 1», a-t-il dit.

Dimanche, M. Péladeau a déclaré qu'il attendra en 2018, au moment des prochaines élections générales, pour décider si un gouvernement péquiste peut organiser un référendum durant son premier mandat.

«Ce n'est pas exclu du tout, bien au contraire», a-t-il dit.

M. Péladeau a expliqué samedi que sa priorité n'est pas la démarche mais plutôt la promotion du projet, qu'il a l'intention de faire d'ici là s'il est élu chef du Parti québécois.

«Ce n'est pas une question de rester flou, c'est une question qu'on ne peut pas anticiper ce qui va se produire en 2018, a-t-il dit. Ce que moi je peux faire, ce qui est en mon contrôle, c'est de parler de la souveraineté. Ça je le sais.»

Selon le candidat, ce sont les adversaires du PQ qui réduisent son projet d'indépendance à la démarche d'accession et au moment opportun d'un référendum.

Le député Bernard Drainville, candidat également, croit pour sa part que M. Péladeau devrait plutôt profiter de la course à la direction pour préciser ses intentions.

«Jusqu'à maintenant, Pierre Karl a affirmé sa volonté de faire l'indépendance, je n'en doute aucunement, a-t-il dit. Je ne doute aucunement de sa sincérité. Maintenant, j'ai hâte de voir son plan. J'ai hâte de voir comment il se propose de nous amener là et je pense que la course doit servir à ça.»

M. Drainville, qui lui aussi attendra à 2018 pour décider de l'opportunité d'un référendum dans un premier mandat, croit que le flou entourant cette question a causé la dernière défaite du PQ.

«Ce qui nous a fait très mal aux dernières élections, la principale cause de notre défaite, c'est qu'on n'a pas été clairs sur la question du référendum, a-t-il dit. Je pense que la prochaine fois, il va falloir l'être.»

Alors que deux candidats, Martine Ouellet et Pierre Céré, ont pressé M. Péladeau, samedi, de prendre une décision dès maintenant pour éviter tout conflit d'intérêts avec le conglomérat Québecor, dont il est actionnaire de contrôle, M. Archambault a estimé que sa situation correspond aux règles.

«M. Péladeau respecte le règlement de l'Assemblée nationale, a-t-il dit. M. Péladeau respecte les statuts du parti, M. Péladeau respecte également les règles de la course, qu'est-ce que vous voulez de plus?»

Bien que M. Céré ait lancé un appel aux dirigeants du PQ pour qu'ils règlent la question avec M. Péladeau, le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a rejeté ces appels.

«Il n'y a pas eu de lettre, il n'y a pas eu de demande», a-t-il dit.

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