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Yémen: la prise de pouvoir par les rebelles houthis dénoncée de toutes parts

07/02/2015 09:23 EST | Actualisé 09/04/2015 05:12 EDT

SANAA, Yémen - Au lendemain de leur prise de pouvoir, les rebelles houthis du Yémen font face à la pression alors que des milliers de personnes ont manifesté contre leur règne et qu'un groupe de nations ont dénoncé leur «coup d'État».

Le chef houthi, Abdel-Malak al-Houthi, a prononcé un discours passionné pour défendre la dissolution de Parlement, qui était, selon lui, la seule solution possible au vide du pouvoir créé par son groupe en assiégeant la résidence du président. Abed Rabbo Mansour Hadi avait alors remis sa démission.

Les rebelles houthis ont pris le contrôle d'institutions étatiques, dissous le parlement et installé un nouveau conseil présidentiel pour gouverner le pays le plus pauvre de la région, qui abrite ce que Washington considère comme la ramification d'al-Qaïda la plus dangereuse.

Dans son premier décret, samedi, le comité présidentiel nommé par les houthis a nommé Mahmoud al-Subeihi ministre intérimaire de la Défense et Jala al-Rowaishan ministre intérimaire de l'Intérieur. Ces deux ministres tenaient les mêmes postes dans le gouvernement de M. Hadi et ont démissionné avec lui le mois dernier. Un responsable proche d'eux a toutefois affirmé qu'ils avaient été forcés de reprendre leur poste

Les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont envoyé samedi un communiqué par le biais de l'agence de presse officielle de l'Arabie saoudite, demande au Conseil de sécurité de l'ONU de «mettre un terme à ce coup d'État».

«Le Conseil de coopération perçoit le coup d'État houthi comme une escalade qui ne peut être acceptée en toutes circonstances», a écrit le conseil.

Si les rebelles houthis sont ennemis d'al-Qaïda, ils sont également hostiles aux États-Unis et à l'Arabie saoudite, un voisin du Yémen majoritairement sunnite. La centrale chiite de la région, l'Iran, pourrait être un allié stratégique des houthis. Le CCG agit en quelque sorte comme un contrepoids à l'Iran, que le conseil a précédemment accusé de se mêler des affaires internes de ses membres.

L'Arabie saoudite, qui a longtemps assuré la survie économique du Yémen, a retiré son aide après le soulèvement des houthis et ne montre aucune ouverture à l'idée de la restaurer.

Samedi à Sanaa, la capitale du Yémen, des milliers de personnes ont investi les rues pour démontrer leur mécontentement. Des marcheurs ont aussi défilé à Hodeida, Taiz et Ibb. Plus tôt, des responsables de la sécurité avaient affirmé qu'une bombe avait explosé sur une rue qui mène au palais présidentiel. L'explosion a blessé trois personnes.

Des dirigeants de trois provinces du sud du pays ont également dénoncé la prise de pouvoir et ont affirmé que M. Hadi était le président légitime du pays. M. Hadi a été élu en 2012 après une révolte populaire qui a fini par renverser le président Ali Abdullah Saleh.

Le parti Islah, la branche yéménite des Frères musulmans opposée aux houthis, a aussi dénoncé les actions des rebelles et réclamé le retour des négociations.

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