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Égypte: le parti de centre-gauche fondé par El Baradei boycottera les élections

07/02/2015 05:13 EST | Actualisé 09/04/2015 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un parti de centre-gauche a annoncé qu'il boycotterait les élections du mois prochain en Égypte pour protester contre ce qu'il estime être des violations des droits de la personne par le gouvernement.

L'annonce faite samedi par le parti Dostour («Parti de la Constitution») soulève de nouveaux doutes quant à l'issue des élections qui doivent commencer le 21 mars. Certains se demandent si le prochain Parlement sera réellement représentatif de l'opinion publique égyptienne.

Dans un communiqué, le parti fondé par Mohamed El Baradei, lauréat du prix Nobel de la paix en 2005, affirme que le gouvernement soutenu par les militaires a rendu impossible l'organisation d'une campagne ouverte par les partis de l'opposition. La formation estime que le climat politique actuel en Égypte n'encourage pas les partis politiques à participer à la vie publique.

L'Égypte n'a pas de Parlement depuis 2012, après qu'un tribunal a ordonné la dissolution de la précédente législature, dominée par les islamistes. Le parti Dostour n'avait obtenu aucun siège dans le précédent Parlement. Les élections du mois prochain auraient été sa première participation officielle à la vie politique.

Le mouvement des Frères musulmans de l'ancien président islamiste Mohammed Morsi, destitué en 2013 par l'armée, est exclu des prochaines élections parce qu'il a été déclaré illégal en Égypte.

Les partis politiques sont largement désavantagés par la loi électorale adoptée l'an dernier.

Près de 75 pour cent des sièges de l'assemblée de 567 membres sont réservés à des candidats individuels, ce qui, selon les analystes, favorise les hommes d'affaires fortunés capables de financer personnellement une campagne. Cinq pour cent des sièges seront attribués directement par le président Abdel-Fattah el-Sissi, l'ancien commandant de l'armée qui dirige l'Égypte depuis l'an dernier.

Les militants de l'opposition prédisent que des hommes d'affaires influents et un ou deux partis fidèles à M. El-Sissi domineront le prochain Parlement.

Ces tensions politiques surviennent dans un contexte de multiplication des violences contre le gouvernement, particulièrement dans la péninsule du Sinaï. Le président a blâmé les Frères musulmans pour la plupart des attaques.

Samedi, trois policiers ont été tués par balle dans la ville de Minya, dans le centre de l'Égypte. Les forces de l'ordre soupçonnent toutefois des criminels de droit commun et non des islamistes radicaux.

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