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Ukraine: Hollande et Merkel présentent leur plan de paix au président russe

06/02/2015 05:06 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

MOSCOU - Les discussions entre les dirigeants de la Russie, de la France et de l'Allemagne sur un processus de paix en Ukraine se sont conclues, tôt samedi en Russie, avec l'annonce d'une prochaine étape importante.

Ainsi, le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko doivent discuter dimanche dans un appel téléphonique à quatre d'une proposition pour mettre fin aux combats.

Ce brassage diplomatique pour tenter de freiner les violences en Ukraine laisse croire qu'une proposition de cessez-le-feu est toujours sur la table, bien qu'il n'y ait pas eu d'annonce ferme d'avancées dans les discussions.

Dimitry Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a fait état de la conclusion des discussions avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande sur une proposition de paix en Ukraine. Aucun détail n'a été donné sur la teneur des discussions au Kremlin.

Plus tôt vendredi, M. Hollande avait déclaré que tous les participants à une nouvelle initiative de paix dans l'est de l'Ukraine étaient d'accord sur le fait que le processus devait débuter par un cessez-le-feu, tout en prévenant qu'on devrait aller plus loin pour en arriver à une paix durable.

M. Hollande a fait cette déclaration avant de se rendre à Moscou en compagnie de Mme Merkel.

Cette initiative diplomatique de haut niveau survient après que M. Hollande et Mme Merkel eurent rencontré jeudi le gouvernement ukrainien à Kiev, pour discuter de la possible relance d'un accord de paix conclu l'an dernier à Minsk, au Bélarus.

M. Peskov a affirmé que «du travail était en cours sur l'ébauche d'un possible document conjoint sur la mise en vigueur de l'accord de Minsk».

«Tout le monde comprend que la première étape doit être le cessez-le-feu, mais ça ne peut pas être suffisant. Nous avons besoin d'une solution globale», a déclaré M. Hollande aux journalistes à Paris, avant de prendre la direction de l'aéroport.

Le simple fait de réussir à faire taire les armes représenterait un exploit diplomatique important.

Les combats entre rebelles prorusses et forces ukrainiennes ont repris de plus belle au cours du dernier mois. Le conflit pourrait maintenant menacer la sécurité de l'Europe et Washington envisage d'armer l'Ukraine, ce à quoi s'opposent les pays européens.

La Russie nie systématiquement fournir des hommes et de l'équipement aux séparatistes, tout en admettant que certains Russes combattent dans leurs rangs. Cette affirmation est accueillie avec dérision en Occident. Le commandant militaire en chef de l'OTAN, le général américain Philip Breedlove, a répété jeudi que la Russie continuait à fournir aux insurgés de l'armement lourd sophistiqué, des systèmes antiaériens et des hommes.

À Berlin, Mme Merkel avait déclaré que M. Hollande et elle utiliseraient «tout (leur) pouvoir (...) pour mettre fin aux effusions de sang dès que possible et pour relancer l'accord de Minsk».

«Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de solution militaire à ce conflit. Mais nous savons aussi qu'il n'y a aucune garantie que ces discussions mèneront à une trêve», avait-elle ajouté.

Elle a ensuite nié que M. Hollande et elle soient prêts à céder du terrain aux séparatistes ukrainiens. «Je ne négocierai jamais les questions territoriales d'un autre pays», a-t-elle dit.

Pendant ce temps, sur le terrain, des représentants des autorités ukrainiennes et des rebelles prorusses se sont entendus vendredi sur l'aménagement dans l'est de l'Ukraine d'un couloir humanitaire devant servir à l'évacuation de civils cherchant à fuir les combats.

Le couloir d'évacuation sera accessible à Debaltseve, une localité ferroviaire que les rebelles tentent de prendre en raison de sa situation géographique stratégique, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est du fief des rebelles, Donetsk.

On ignore toutefois à quel moment débutera l'évacuation des civils. Cependant, des autocars transportant des dizaines de civils de la ville de Vuhelhirsk se dirigaient déjà vers Debaltseve vendredi. Ces gens sont privés de chauffage, d'électricité et d'eau courante depuis deux semaines.

Par ailleurs, des sanctions qui devraient être approuvées lundi par l'Union européenne ciblent 19 individus, dont cinq Russes, associés aux combats dans l'est de l'Ukraine. Un diplomate a révélé que les cinq Russes incluent des parlementaires et des membres du ministère de la Défense. L'UE impose actuellement des sanctions à 132 individus et 28 entités liés à la crise en Ukraine.

Depuis le début des hostilités, en avril 2014, plus de 5300 personnes ont perdu la vie.

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