DIVERTISSEMENT

Emmanuel Bilodeau: humoriste assumé (ENTREVUE)

06/02/2015 04:54 EST | Actualisé 06/02/2015 04:54 EST
Courtoisie Productions J

De son propre aveu, Emmanuel Bilodeau doute «beaucoup et tout le temps» de lui-même. Donc, imaginez son stress lorsqu’il a pris la décision de se lancer dans l’aventure d’un premier spectacle d’humour en solo.

Et imaginez son bonheur lorsqu’on lui a remis, le 13 janvier dernier, une plaque soulignant la vente de 25 000 billets de son One Manu Show, qui lui a de surcroît valu des critiques unanimement positives et des comparaisons avec Yvon Deschamps, Sol et Fred Pellerin, moins de six mois après sa première médiatique, qui avait lieu en septembre. De quoi le rassurer, calmer ses angoisses et amplifier encore davantage son plaisir d’être sur scène.

Il avait beau avoir la barbe longue et ne pas savoir qu’un mur de photographes et de journalistes l’attendrait lorsqu’il s’est pointé au bureau de Productions J pour recevoir son billet d’argent – il croyait au départ qu’on l’invitait pour une réunion et ignorait totalement qu’on s’apprêtait à le récompenser - la surprise lui a d’autant plus fait chaud au cœur.

«25 000 billets, je trouve ça beaucoup, même si, pour un humoriste, ça peut paraître rien, souligne Emmanuel. Mais nous, on est en début de tournée et, pour moi, 25 000 billets, c’est un exploit terrible. C’est super chouette. Je n’avais pas envie de faire ce show pour que les salles soient vides et que les gens ne s’y intéressent pas. Avec ce qui arrive, je me retrouve un peu, que je le veuille ou non, avec le statut d’humoriste, et je suis très fier de ça.»

Faire réfléchir

En développant le One Manu Show, Emmanuel Bilodeau s’est découvert une passion pour l’écriture, le brassage d’idées, la communication au sens propre. Lui, le «gars d’action», davantage occupé, en général, à interpréter des rôles, à s’amuser avec ses fistons de 6 et 4 ans et sa grande fille de 16 ans, à arroser sa patinoire ou à cuisiner les recettes de Ricardo, assume maintenant cet aspect plus cérébral de sa personnalité.

«J’aime écrire. Mon père écrivait, mon grand-père était un auteur aussi. Je me suis rendu compte que j’avais ça dans les gènes, et je le niais un peu. Il y a un côté de moi, plus intellectuel, que j’avais un peu ostracisé. J’ai davantage envie d’être dans la réflexion, maintenant.»

C’est pourquoi Emmanuel a choisi de privilégier la formule du stand up traditionnel dans ses prestations. Il y a bien deux personnages qui se glissent dans son enchaînement, le mafioso Tony Tomato et le vieillard porte-parole de l’AVC (Association des «vieux crisses») mais, le reste du temps, le comédien nous parle de lui, de sa famille, de ses souvenirs, de politique, de questionnements à ses yeux importants.

«Je suis sur scène exactement comme je suis dans la vie, quand je parle aux gens, signale l’artiste. Je n’ai pas de filtre, je ne me protège pas, je me présente à l’état brut, tel que je suis. Les gens ont accès à un être humain qu’ils connaissent déjà un peu, dans son intimité. J’ai envie de communiquer l’essence de ce que je suis pour que les spectateurs puissent se positionner par rapport à moi, se distancier de mes agissements, mes comportements, avoir des questions, des réflexions, sur les êtres humains, les Québécois, les Nord-Américains qu’ils sont et qu’ils ont envie de devenir. Je me ridiculise, je vais dans plein de zones, j’avoue toutes mes imperfections pour qu’eux puissent se reconnaître, se dire qu’ils sont mieux ou pire. Pour qu’on ait tous envie, en sortant de la salle, de changer d’un iota nos comportements, nos façons de penser, pour évoluer dans le bon sens. Parce qu’évoluer, c’est être plus heureux, en général…»

Famille professionnelle

La belle épopée du One Manu Show se poursuivra, pour Emmanuel et son clan, au moins jusqu’au début 2016, le principal intéressé aimerait bien n’y apposer un point final qu’à la fin de la même année, et rêve déjà d’un deuxième solo, si ses affaires continuent de bien rouler.

Quand on fait allusion à son «clan», on désigne bien sûr sa conjointe Édith Cochrane, qui assure sa mise en scène, sa progéniture, qui le suit souvent en coulisses, mais aussi l’équipe de Productions J, qui l’a pris sous son aile et relève avec lui ce grand défi.

«Ce sont des gens qui ont beaucoup de cœur et d’instinct, ils m’ont accueilli là-dedans avec spontanéité et fraîcheur, sans jamais me demander d’être quelqu’un d’autre. Ils me font confiance, ils sont respectueux, et je l’apprécie vraiment», confie celui qui a combiné, l’automne dernier, le tournage du film The Revenant, d’Alejandro Gonzalez Inarritu (Babel, Biutiful, Birdman), dans lequel il partage l’affiche avec Leonardio DiCaprio, à sa tournée de spectacles.

Emmanuel Bilodeau présentera le One Manu Show au Théâtre St-Denis, à Montréal, ce soir et demain, 6 et 7 février, et y sera en supplémentaires les 9 et 10 octobre prochains. Pour connaître toutes les dates de sa tournée, cliquez ici.

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