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Une Canadienne détenue en Chine depuis août a été libérée, mais pas son mari

05/02/2015 04:30 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - La Canadienne Julia Garratt, qui était détenue en Chine depuis le 4 août relativement à des accusations d'espionnage, a été remise en liberté sous caution, mais son mari demeure détenu.

La nouvelle a été confirmée par Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui précise cependant que l'enquête concernant Mme Garratt est toujours ouverte. Son mari, Kevin Garratt, est toujours détenu.

Les deux Canadiens font face à des accusations de vol de secrets d'État et d'espionnage, a indiqué M. Hong. Si la femme a été libérée sous caution, son mari, lui, a été transféré en «détention criminelle», un niveau de sécurité plus élevé.

Kevin et Julia Garratt, originaires de Vancouver, vivent et travaillent en Chine depuis 30 ans. Ils tiennent depuis 2008 un café à Dandong, près de la frontière avec la Corée du Nord. Ils ont été arrêtés quelques jours après qu'Ottawa a accusé la Chine de cyberespionnage au Conseil national de recherches Canada.

Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a salué jeudi la libération sous caution de Mme Garratt, mais a ajouté que le gouvernement demeure préoccupé par la détention de son mari. «Nous avons soulevé la question en haut lieu, et nous continuerons à le faire avec les autorités chinoises», a indiqué par courriel John Babcock.

Lors de sa visite officielle en Chine, en novembre, le premier ministre Stephen Harper a affirmé qu'il avait soulevé la question avec le président Xi Jinping. Le fils des Garratt, Simeon, s'était alors demandé si le gouvernement canadien en faisait assez pour obtenir la libération de ses parents.

Le couple avait été arrêté alors qu'il dînait au restaurant avec des amis. Leurs quatre enfants, tous adultes, ont été simplement prévenus par les autorités que les Garratt étaient détenus, dans un endroit non identifié. Deux jours plus tard, les Canadiens prévenaient leurs enfants, par l'entremise d'un diplomate, qu'ils ne subissaient pas de contraintes physiques mais qu'ils étaient déconcertés et offusqués par les allégations des autorités chinoises.

Les enfants du couple qualifient de farfelues ces allégations, puisque les Garratt n'ont jamais pu avoir accès à des secrets d'État, disent-ils. Leur fils Simeon a expliqué que lorsque ses parents ne servaient pas des clients au café, ils consacraient leurs temps libres à donner des cours d'anglais dans la communauté et à amasser de l'argent pour leur fondation vouée à l'aide humanitaire en Corée du Nord.

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