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Prust, le bagarreur, assume son choix même s'il admet avoir souvent la trouille

05/02/2015 04:39 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

BROSSARD, Qc - Brandon Prust n'avait pas le physique de l'emploi, mais il assume le choix qu'il a fait à l'époque de faire sa marque dans la LNH à l'aide de ses poings même s'il admet avoir souvent la trouille.

Le dur à cuire du Canadien ne s'attendait pas à ce qu'un texte qu'il a fait publier sur le site Internet 'The Player's Tribune', au début de la semaine, suscite autant d'intérêt.

«Avoir su, j'aurais peut-être attendu à la fin de la saison, a reconnu Prust, jeudi. On m'a simplement demandé de rédiger une chronique qui sort des sentiers battus en me basant sur mon expérience personnelle.»

Sans faire l'apologie des bagarres au hockey, Prust dit souhaiter dans son texte qu'on ne les abolisse pas parce qu'elles permettent de restreindre l'ardeur de joueurs, qu'il appellent les «rats», qui pourraient profiter du fait qu'ils n'aient pas à répondre de leurs gestes.

Cela dit, il applaudit au changement de mentalité qui s'est opéré au cours des dernières saisons.

«Il y a moins de bagarres et le hockey ne s'en porte que mieux, a-t-il avoué aux journalistes dans le vestiaire du CH. Personnellement, je peux me concentrer beaucoup plus à jouer que je le faisais au cours de mes premières saisons dans la ligue.»

Prust compte 10 des 15 bagarres du Canadien cette saison. C'est une de moins pour lui seulement que pendant toute la saison dernière, quand il a laissé tomber les gants à 11 reprises sur la quarantaine de bagarres de l'équipe répertoriées par Hockeyfights.com. Il faut dire qu'il obtenait beaucoup plus de soutien, avec les George Parros, Francis Bouillon et Ryan White à ses côtés.

«Je ne suis pas le plus imposant physiquement, a souligné celui qu'on liste généreusement à six pieds et 194 livres. Mais il n'y a plus autant de gros bagarreurs. Le jeu est plus rapide.»

Il reste qu'il y a encore des bagarreurs qu'il dit redouter davantage, comme Milan Lucic des Bruins de Boston, Chris Neil des Sénateurs d'Ottawa, Jared Boll des Blue Jackets de Columbus et Tanner Glass des Rangers de New York.

Le plus difficile

La crainte qui l'anime à l'idée d'avoir à se frotter à des colosses est un des principaux éléments qui se dégage de ses écrits.

«Ce qu'il a de plus difficile, c'est la journée avant un match quand vous savez que vous aurez possiblement à vous frotter à un dur à cuire, raconte-t-il. Vous ne pensez qu'à ça, et vous passez par toute la gamme des émotions. C'est presque impossible de se concentrer sur le match comme tel. Vous perdez assurément du sommeil pendant la sieste d'avant-match.»

«C'est angoissant, a-t-il répété jeudi, mais c'est le métier que j'ai choisi de pratiquer et je n'envisage pas de changer. Je retire une satisfaction de le faire pour mes coéquipiers et l'équipe.»

L'ailier gauche âgé de 30 ans assure qu'il ne fera jamais de compromis afin de se porter à la défense d'un coéquipier. Mais qu'il agit toujours en ayant comme souci de ne pas nuire à l'équipe.

C'est la raison pour laquelle il ne s'en est pas pris à Patrick Kaleta des Sabres, après que le robuste joueur eut initié un contact avec le gardien Carey Price, au cours du match de mardi.

«Il (Kaleta) a été puni sur la séquence et je ne voulais pas commencer à courir après lui et écoper moi-même d'une pénalité.»

Le Canadien devra voir d'ici à la fin de la saison à mieux protéger Price, qui a été bousculé rondement par des rivaux depuis la pause du match des étoiles.

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