NOUVELLES

Ottawa songe sérieusement à acheter des uniformes fédéraux «équitables»

05/02/2015 07:58 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les gardiens de prison et les employés des parcs nationaux pourraient bientôt remplacer leurs uniformes par des nouveaux, plus éthiques.

Le ministère des Travaux publics songe sérieusement à acheter certains vêtements de fournisseurs qui suivent des règles très strictes en matière de droit et de conditions de travail, révèle un document.

Le ministère, qui dépense chaque année 80 millions $ en vêtements, a mis sur pied un comité de travail pour évaluer la possibilité d'acheter plus d'items de compagnies de vêtements éthiques.

La note interne, récemment envoyée à un haut dirigeant du ministère et obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, indique que le groupe de travail a été créé pour répondre aux inquiétudes du public sur l'approvisionnement canadien en vêtements et la divulgation des pays d'origine des fabricants des uniformes.

Les gouvernements et les compagnies sont surveillés de près depuis l'effondrement tragique, en avril 2013, d'une usine de vêtements au Bangladesh.

Depuis, quelques entreprises canadiennes et ordres de gouvernement ont rehaussé leurs efforts pour s'assurer que les vêtements qu'ils achètent ne viennent pas d'ateliers clandestins ou dangereux.

En octobre dernier, le ministère des Travaux publics a demandé l'avis des entreprises. Un message publié sur un site gouvernemental d'offres de contrats indique qu'Ottawa est «très soucieux de l'adoption de pratiques responsables sur le plan de l'éthique dans le secteur de la fabrication de vêtements».

Pourtant, au printemps dernier, plus d'une dizaine de ministères et d'agences n'avaient toujours aucune idée d'où venaient leurs vêtements, indique la réponse du gouvernement à des questions écrites du député néo-démocrate Matthew Kellway.

D'autres ministères savaient où étaient fabriqués les uniformes, mais ignoraient le nom du fabricant.

Depuis avril dernier, le ministère des Travaux publics inclut le pays d'origine sur tous ses contrats de vêtements, qui sont publiés en ligne.

Le ministère a aussi mis sur pied un groupe de travail pour rapporter au gouvernement comment les autres pays et compagnies procédaient pour s'assurer de l'éthique de leurs fournisseurs. Il devait notamment définir ce qui constitue un fournisseur dit éthique.

Le comité a proposé des solutions pour acheter de fournisseurs respectueux de l'éthique et le ministère commencera les consultations avec les entreprises tôt cette année.

«À la suite du travail récemment effectué par le groupe de travail sur l'approvisionnement éthique, des options seront recommandées pour améliorer les pratiques d'achat de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada sur le plan de l'approvisionnement éthique de vêtements», a affirmé une porte-parole du ministère, Annie Joannette, par courriel.

PLUS:pc