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Lutte au terrorisme: Québec doit agir et rassurer les gens, dit Gérard Bouchard

05/02/2015 05:55 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Le gouvernement Couillard doit agir sans tarder pour prévenir d'éventuels actes de terrorisme et ainsi rassurer la population, selon un des coprésidents de la Commission de consultation sur les demandes d'accommodement religieux, Gérard Bouchard.

L'inquiétude de la population sur cette question est réelle et légitime, a commenté M. Bouchard en point de presse jeudi, en faisant valoir que Québec devait intervenir rapidement pour calmer le jeu à la suite des attentats survenus récemment à Saint-Jean-sur-Richelieu, Ottawa et Paris.

«Je pense que c'est important qu'il agisse maintenant, ne serait-ce que pour rassurer la population. La population est inquiète et elle a de bonnes raisons de l'être», a commenté l'historien et sociologue de l'Université du Québec à Chicoutimi.

M. Bouchard était de passage à Québec avec l'autre coprésident de la Commission, Charles Taylor, pour formuler des recommandations à la commission parlementaire qui se penche sur la future politique à adopter en matière d'immigration.

Il a convenu que l'équilibre à trouver entre l'adoption de mesures musclées de prévention d'actes terroristes et le respect des droits individuels, tels que définis dans la charte québécoise des droits et libertés, s'annonçait pour être un exercice complexe et difficile pour le gouvernement.

«Quelles sont les mesures qu'on va mettre en oeuvre, qui respectent le droit, qui sont conformes à notre charte, et qui, en même temps, vont être suffisantes pour repousser la menace terroriste? Ce ne sera pas facile», a-t-il conclu.

Parmi les instruments envisagés, il se montre ouvert à l'idée d'amender la charte pour préciser l'interdiction de tenir des propos haineux au Québec.

«Le discours contre la haine pourrait être plus explicite, à son avis. On pourrait être plus affirmatif, en termes juridiques.»

La Commission Bouchard-Taylor sur les demandes d'accommodement religieux a remis son rapport en 2008. Si c'était à refaire, M. Bouchard dit qu'il réécrirait le même rapport avec les mêmes recommandations.

Mais depuis, bien des choses ont changé, «le débat s'est déplacé», constate M. Bouchard. Dans le débat public sur ces enjeux, au fil des ans, la question des accommodements religieux a cédé le pas à celle, plus large, de la laïcité de l'État, a-t-il noté, puis à la question du respect des valeurs communes, de la lutte à l'intégrisme, au radicalisme religieux, voire plus récemment à la lutte au terrorisme.

Dans ce contexte nouveau, «la façon de formuler les problèmes est un petit peu différente», a dit M. Bouchard, en rappelant que la neutralité religieuse de l'État a peu à voir avec la menace terroriste.

Pour les élus, sur ces questions, il y a toujours le risque d'en faire trop ou pas assez, nuance le professeur.

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