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Les maires des grandes villes du Canada veulent profiter de l'année électorale

05/02/2015 06:04 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

TORONTO - Les maires des plus grandes villes du Canada se sont rencontrés, jeudi à Toronto, dans l'espoir de pouvoir profiter des élections fédérales imminentes pour obtenir des milliards de dollars d'engagements d'Ottawa pour le transport en commun, le logement et d'autres projets.

Les 18 maires réunis n'ont pas caché leur désir de profiter du fait que les électeurs iront voter d'ici novembre, alors qu'ils discutaient des 120 milliards $ qui leur sont nécessaires pour leurs infrastructures.

Bien que les différents maires, aux opinions politiques divergentes, ne cherchent pas à appuyer collectivement un parti en particulier, ils souhaitent tous que leurs besoins soient pris en compte par le fédéral.

Les grandes villes incluent environ les deux tiers de la population du pays, ont-ils souligné, et, plus important encore, près de la moitié des circonscriptions fédérales — 142 en tout — se trouvent dans les grands centres urbains.

Les maires rappellent que le premier ministre conservateur Stephen Harper a obtenu une majorité grâce aux grandes villes et estiment que le gouvernement fédéral doit les reconnaître comme étant les véritables moteurs de la création d'emplois et de l'économie.

Le clé, disent-ils, est de leur offrir du financement stable, qui leur permettrait d'élaborer des projets à plus long terme.

Le maire de Vancouver, Gregor Robertson, estime qu'il est essentiel pour les partis fédéraux d'élaborer un plan pour les centres urbains.

«Ils doivent parler des raisons qui font que les villes sont importantes et présenter des plateformes qui répondent à leurs principaux besoins», a-t-il déclaré.

«Le prochain premier ministre du Canada sera celui qui reconnaîtra les besoins des villes.»

L'un des huit nouveaux maires, celui de Toronto, John Tory, a rappelé que les grandes villes faisaient toutes face à des problèmes d'infrastructures semblables et n'avaient tout simplement pas les moyens de les résoudre sans l'aide des gouvernements fédéral et provinciaux.

«Bien que l'échelle des problèmes et la manière exacte de les résoudre soient différentes, les défis sont les mêmes», a-t-il assuré.

Le maire de Gatineau le rejoint à ce sujet.

«En tout respect pour la taille de Toronto, oui, on a des choses en commun. Les trois enjeux, quand on parle de logement, d'infrastructures, de transport, c'est sûr que chez nous, c'est à un degré beaucoup moins grand (...) On a des enjeux majeurs de transport, on a des enjeux majeurs de logement», a indiqué Maxime Pedneaud-Jobin.

Les maires n'ont pas encore convenu de la nature exacte de leurs «demandes collectives» à Ottawa, mais entendent réclamer suffisamment d'argent pour améliorer le transport en commun et réduire la congestion sur les routes.

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, estime que sa ville aurait besoin à elle seule de 17 milliards $ au cours de la prochaine décennie.

«Personne ne dit: "Hé, gouvernement, donne-nous un chèque pour ces centaines de millions de dollars de travaux d'infrastructures non financés"», a nuancé M. Nenshi. «Ce que nous voulons, c'est discuter de la possibilité de créer des formes de revenus stables.»

Les maires ont également précisé qu'ils ne demandaient pas de nouveau financement pour le logement dans le prochain budget fédéral — uniquement un engagement à protéger les allocations actuelles — et ont dit qu'ils aimeraient que les sommes déjà promises pour les travaux d'infrastructures soient versées plus rapidement.

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