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Le Learjet 85 ne change rien aux plans de Héroux-Devtek, dit son patron

05/02/2015 07:31 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Héroux-Devtek (TSX:HRX) estime être toujours en mesure de réaliser des ventes annuelles de 500 millions $ d'ici 2019, et ce, malgré la décision de Bombardier de suspendre ses travaux sur son nouveau modèle de Learjet.

Le fabricant de produits d'aéronautique est le fournisseur du système complet de train d'atterrissage du Learjet 85, dont le développement a été interrompu le mois dernier en raison du faible intérêt manifesté à l'endroit de cet appareil.

Cette décision de Bombardier (TSX:BBD.B) a entre autres forcé Héroux-Devtek à inscrire une charge de 5,8 millions $ à ses résultats du troisième trimestre, ce qui n'a pas semblé inquiéter son président et chef de la direction, Gilles Labbé.

«Nous nous attendions à ce que le programme (du Learjet 85) s'accélère, mais nos prévisions de revenus nous semblent suffisantes», a dit M. Labbé, jeudi, au cours d'une conférence téléphonique pour discuter de la performance trimestrielle de l'entreprise.

Questionné par les analystes financiers, le patron de la société établie à Longueuil a souligné qu'il ne s'agissait que d'une pause dans le cas du programme du Learjet 85.

«Tout ça peut reprendre d'ici une année ou deux, a-t-il analysé. Au cours des neufs derniers mois, la contribution de Bombardier à nos revenus a oscillé entre deux et trois pour cent. Nous n'allons pas changer notre cible de revenus.»

Par ailleurs, les investissements effectués par Héroux-Devtek dans le cadre de son contrat avec Boeing pour ses appareils 777 et 777X atteindront finalement 105 millions $, une somme en hausse par rapport à celle de 90 millions $ initialement prévue.

Cette situation s'explique principalement par le recul du dollar canadien, qui rend plus dispendieux certains investissements réalisés aux États-Unis par la société, a expliqué M. Labbé.

Héroux-Devtek a entre autres loué un espace de 21 000 pieds carrés près des installations de Boeing à Everett, dans l'État de Washington, où sont assemblés les avions de ligne du géant américain.

«En date du 31 décembre, nous avons investi 48 millions $ et un autre 57 millions $ sera dépensé d'ici la fin de l'exercice 2016», a fait savoir le dirigeant de l'entreprise.

En vertu de l'entente avec Boeing, Héroux-Devtek sera l'unique fournisseur des trains d'atterrissage des appareils 777 et 777X en plus d'être responsable de la fabrication de pièces de rechange vendues par le géant américain.

Pour ce qui est de ses résultats du troisième trimestre, Héroux-Devtek a affiché une perte nette de 1,9 millions $, ou 5 cents par action, alors que l'entreprise avait engrangé des profits de 2,6 millions $, ou 8 cents par action, à la même période l'an dernier.

Son chiffre d'affaires a toutefois bondi de 44 pour cent, à 88,4 millions $, essentiellement grâce à une contribution de 24,5 millions $ tirée des activités d'APPH, acquises en février 2014.

En excluant les éléments non récurrents, Héroux-Devtek a engrangé des profits de 4,3 millions $, ou 12 cents par action, une performance sous les attentes des analystes, qui planchaient sur un bénéfice ajusté par action de 14 cents.

Le ventes du secteur de l'aérospatiale ont bondi de 40,2 pour cent pour s'établir à 39,9 millions $, alors que le chiffre d'affaires a été de 48,4 millions $ du côté des produits militaires, en hausse de 46,9 pour cent.

Dans les deux cas, les activités d'APPH expliquent la hausse des revenus dans les secteurs de l'aérospatiale et des produits militaires.

Si la performance financière du troisième trimestre de Héroux-Devtek a été inférieure aux attentes des analystes, Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, s'attend à des meilleurs résultats au cours des prochains mois.

«Les résultats du quatrième trimestre devraient être plus élevés, comme d'habitude, souligne l'analyste dans une note. L'aérospatiale devrait contrebalancer des ventes internes plus faibles du côté militaire.»

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