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Boko Haram fait de nouvelles victimes au Cameroun

05/02/2015 08:06 EST | Actualisé 07/04/2015 05:12 EDT

YAOUNDÉ, Cameroun - Les combattants de Boko Haram ont abattu ou brûlé vifs environ 90 civils dans une ville frontalière près du Nigeria, ont annoncé jeudi des dirigeants du Cameroun.

Les violences auraient aussi fait environ 500 blessés.

Au moins 800 djihadistes ont attaqué la ville de Fotokol, où «ils ont incendié des églises et des mosquées en plus d'abattre les jeunes qui refusaient de joindre leurs rangs pour combattre les forces camerounaises», a dit le ministre de l'Information Issa Tchiroma Bakari.

Les insurgés ont aussi volé du bétail et de la nourriture, a dit M. Bakari à l'Associated Press. Les combats ont débuté mercredi et se poursuivaient jeudi.

Des renforts sont arrivés dans la région de Fotokol mais Boko Haram utilise des civils comme boucliers humains, ce qui complique les opérations, a dit le colonel camerounais Didier Badjeck.

Les djihadistes seraient entrés au Cameroun depuis la ville nigériane de Gamboru, d'où ils ont été chassés par une offensive aérienne et terreste lancée par le Nigeria et le Tchad au cours des derniers jours.

Des centaines d'insurgés auraient été tués mercredi, contre 13 soldats tchadiens et six camerounais, a dit le ministre de la Défense Edgar Alain Mebe Ngo.

Ces informations font surface au moment où des dirigeants de l'Union africaine sont à finaliser la formation d'une force multinationale de 7500 soldats provenant du Nigeria et de ses quatre voisins — le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin — pour combattre les djihadistes.

«Nous considérons que Boko Haram est un cancer, et si la communauté internationale ne se concentre pas sur cette maladie, elle se répandra non seulement en Afrique centrale mais dans d'autres régions, partout sur le continent», a dit le ministre Bakari.

Des représentants des États-Unis, de la France, de la Russie, du Royaume-Uni, de l'Union européenne et du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU assistent à cette rencontre qui a débuté jeudi à Yaoundé, au Cameroun. L'Union africaine souhaite obtenir l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des fonds, pour cette mission.

Le président français François Hollande a fait savoir jeudi que son pays fournit des armes et de la logistique — et parfois des munitions — en appui à l'effort multinational. Il n'a toutefois pas précisé si la France participe concrètement à l'opération militaire.

La France dispose d'une importante base aérienne à N'Djamena, la capitale du Tchad, le pays qui dirigera la force multinationale. Des appareils français survolent ainsi la région afin de recueillir des renseignements, ont indiqué des responsables à Paris.

«La France ne peut pas être la seule puissance du monde à agir, a dit M. Hollande lors d'une conférence de presse à Paris. Faites votre travail, ne faites pas la leçon. Agissez.»

Boko Haram augmente l'intensité et la fréquence de ses attaques à l'approche des élections présidentielles du 14 février au Nigeria, ce qui suscite l'inquiétude de la communauté internationale.

Les violences attribuées à Boko Haram ont fait quelque 10 000 morts l'an dernier, comparativement à 2000 pendant les quatre premières années du soulèvement islamiste.

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