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Vincent Lacroix devra continuer à faire du bénévolat pour développer son empathie

04/02/2015 10:16 EST | Actualisé 04/02/2015 10:21 EST
Radio-Canada.ca

L'ex-PDG de Norbourg Vincent Lacroix, qui bénéficie d'une libération conditionnelle complète depuis février 2014, devra faire douze mois supplémentaires de bénévolat en milieu défavorisé.

Un texte de Mathieu Gobeil

Selon une décision de la Commission des libérations conditionnelles rendue à la fin de janvier et dont Radio-Canada a obtenu copie, le fraudeur de 48 ans a encore du travail à faire « au niveau de l'empathie envers les victimes et au niveau de la prise de conscience de l'ampleur des conséquences vécues par ces dernières ».

Vincent Lacroix a été reconnu coupable de plus de 200 chefs d'accusation, en 2007 et en 2009, et condamné à 18 ans de prison pour avoir floué quelque 9200 investisseurs.

Il avait passé trois ans en prison et trois autres en maison de transition, avant d'obtenir sa libération conditionnelle en février 2014.

Une des conditions de sa libération était de faire du bénévolat en milieu défavorisé à raison de 4 heures par semaine pendant 12 mois. C'est cette condition qui vient d'être prolongée.

Une autre condition, qui demeure en vigueur, stipule qu'il n'a pas le droit d'occuper un emploi rémunéré ou bénévole dans le domaine de la finance.

Lacroix doit « poursuivre sa réflexion »

Bien que Vincent Lacroix fasse son bénévolat de façon conforme et ponctuelle, note la Commission, et qu'il fasse preuve d'une « certaine conscientisation relativement aux gestes qu'il a posés », cette prise de conscience « est davantage reliée aux conséquences qu'[il] a vécues personnellement », peut-on lire dans la décision.

« Le remords et l'empathie ne sont pas encore en avant-plan » du discours de Lacroix, poursuit la Commission.

« Il y a lieu d'approfondir votre conscience sociale et de continuer de développer votre empathie envers les victimes et votre reconnaissance de l'ampleur de vos délits sur ces dernières. »

— Commission des libérations conditionnelles

Dans sa décision, la Commission récapitule les faits reprochés à Lacroix dans les documents de cour. On y dresse un portrait psychologique peu flatteur du fraudeur au moment des faits reprochés.

« Des valeurs élastiques et délinquantes, l'appât du gain, le besoin de reconnaissance sociale, certains traits narcissiques, votre égocentrisme, votre caractère manipulateur et un sentiment d'invincibilité où l'échec était impossible sont les principaux facteurs contributifs de votre criminalité », rappelle ainsi la Commission.

« À cela s'ajoute le désir de mener un mode de vie opulent. L'argent des investisseurs vous a permis d'adopter, pendant des années, un mode de vie de multimillionnaire aux dépenses somptuaires, et ce, sans vous préoccuper de vos victimes », poursuit le document.

Le scandale Norbourg, qui a éclaté en 2005, avait fait perdre environ 115 millions de dollars à quelque 9200 investisseurs québécois qui avaient confié de l'argent à Lacroix. En 2011, ceux-ci ont pu récupérer leurs placements à la suite d'un règlement à l'amiable.

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