POLITIQUE

Réforme scolaire: la réussite des garçons n'est pas acquise (VIDÉO)

04/02/2015 07:22 EST | Actualisé 04/02/2015 07:26 EST

La réforme de l'éducation au secondaire amorcée en septembre 2005 n'a pas donné les résultats escomptés. Une étude menée par des chercheurs de l'Université Laval conclut que les élèves en difficultés et les garçons n'ont pas amélioré leur performance scolaire.

L'implantation du renouveau pédagogique terminée en 2010 avait pour but de transformer l'école secondaire en faisant appel au développement des compétences disciplinaires et transversales des élèves. La réussite des garçons et des élèves à risque, de même que la diminution du décrochage scolaire, était les principales cibles de cette réforme.

Or, en comparant deux cohortes d'élèves soumises à la réforme avec une autre qui ne l'était pas, les chercheurs ont remarqué que les résultats scolaires ne se sont pas améliorés. Ils ont même diminué en français, malgré l'ajout de 150 heures d'enseignements.

Des élèves ont aussi développé une vision plus négative de l'école. « C'est un peu comme si je vous donnais un médicament en vous disant : prenez-le et vous aurez un peu plus mal à la tête. C'est à ce point-là », résume Égide Royer, professeur en adaptation scolaire Université Laval.

Taux de diplomation à la baisse

M. Royer remarque que si la réforme n'a eu qu'une faible incidence sur les élèves performants, les plus vulnérables comme les garçons et les jeunes de milieu défavorisé ont vécu « un net recul ». Le taux de diplomation, notamment, ne s'est pas amélioré.

Les garçons et les élèves à risque exposés à la réforme ont été moins nombreux a obtenir un diplôme du secondaire que ceux qui ne l'ont pas vécu.

intimidation école secondaire intimidateurÉgide Royer n'est pas surpris des résultats de l'étude.

Ces résultats confirment certaines conclusions du rapport du vérificateur général du Québec en 2014 sur les ratés en matière de décrochage scolaire. Les dernières données en matière de diplomation au secondaire vont aussi dans le même sens que l'étude exhaustive amorcée en 2007 à l'Université Laval.

« J'ai un gars sur deux au Québec, qui, entré à l'école secondaire en 2008, n'a aucun diplôme du secondaire. J'en ai seulement un sur deux et deux filles sur trois qui obtiennent leur diplôme dans les temps prévus », précise Égide Royer.

« Je vous invite à aller voir dans les autres provinces canadiennes, on est vraiment distinct là-dessus », ajoute le spécialiste en adaptation scolaire.

Quelle est donc la solution pour améliorer ces résultats? Égide Royer affirme qu'il faut à tout prix éviter une autre réforme et miser plutôt sur l'amélioration de la qualité de l'enseignement et des programmes déjà en place.

Ces résultats confirment certaines conclusions du rapport du vérificateur général du Québec en 2014 sur les ratés en matière de décrochage scolaire. Les dernières données en matière de diplomation au secondaire vont aussi dans le même sens que l'étude exhaustive amorcée, en 2007, à l'Université Laval.

« J'ai un gars sur deux au Québec qui, entré à l'école secondaire en 2008, n'a aucun diplôme du secondaire. J'en ai seulement un sur deux et deux filles sur trois qui obtiennent leur diplôme dans les temps prévus », précise Égide Royer.

« Je vous invite à aller voir dans les autres provinces canadiennes, on est vraiment distinct là-dessus », ajoute le spécialiste en adaptation scolaire.

Quelle est donc la solution pour améliorer ces résultats? Égide Royer affirme qu'il faut à tout prix éviter une autre réforme et miser plutôt sur l'amélioration de la qualité de l'enseignement et des programmes déjà en place.

Plan d'action à venir

Pour le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc, la réforme scolaire n'est pas un échec. « Le chercheur lui-même affirme, dans l'étude, qu'il faut être très prudent; met en garde M. Bolduc. C'était au début de la réforme et le nombre de personnes évaluées n'est peut-être pas suffisant pour montrer une différence. »

Yves Bolduc affirme qu'il faut envisager la situation dans une perspective à long terme.

« Plus ça va aller et mieux ça va aller. Mais, c'est certain qu'il y a des éléments qui nous préoccupent. C'est pourquoi je vais proposer un plan d'action pour améliorer la réussite scolaire. » — Yves Bolduc, ministre de l'Éducation du Québec

Bien qu'il se montre rassurant, Yves Bolduc précise que ses préoccupations portent sur l'écart entre la réussite des filles et celle des garçons. Une situation qui prévaut dans toutes les provinces canadiennes et dans l'ensemble des pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Selon Yves Bolduc, il faut tenir compte non seulement de la perfomance scolaire, mais aussi de la persévérance. « On veut que nos garçons étudient plus longtemps », affirme le ministre de l'Éducation.

Il y a aussi place à amélioration du côté de l'apprentissage du français et de l'anglais, reconnaît encore en substance le ministre.

Au chapitre des bonnes nouvelles, Yves Bolduc souligne qu'en mathématiques, les élèves québécois se classent au premier rang à l'échelle canadienne. Et, au sein des pays membres de l'OCDE, ils sont deuxièmes, derrière les élèves finlandais. « Également au niveau des sciences, on est deuxièmes, derrière l'Ontario », dit le ministre Bolduc.

Faits saillants de l'étude :

  • On observe une baisse du taux de diplomation chez les élèves de la réforme, en particulier chez les garçons et les anglophones;
  • ces élèves ont obtenu des résultats légèrement inférieurs à une épreuve de connaissances en mathématiques administrée en 5e secondaire; la différence était plus marquée chez les élèves à risque ou venant de milieux défavorisés;
  • à l'épreuve d'écriture, ils ont obtenu des cotes un peu moins fortes pour la cohérence de leur argumentation; en orthographe, les taux de réussite ont été bas pour les trois cohortes;
  • les élèves de la réforme avaient une perception moins positive du climat de classe et des pratiques pédagogiques;
  • les parents de ces élèves se sont dits moins satisfaits à l'égard de l'école.

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