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Une cellule du crime organisé qui importait de la cocaïne a été démantelée

04/02/2015 11:08 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une cellule majeure du crime organisé, qui faisait un important trafic de cocaïne de façon fort inusitée, a été démantelée à Montréal, a fait savoir la Gendarmerie royale du Canada (GRC) mercredi.

Pour introduire la cocaïne au Canada, le groupe l'avait incorporée à de la poudre d'asphalte par un processus très sophistiqué de manipulation moléculaire.

«Une première pour nous», a déclaré le sergent Luc Thibault, de la GRC, au sujet de la méthode utilisée. Il avait déjà vu de la cocaïne dans des tuiles de céramique, mais jamais dans des sacs de poudre d'asphalte à laquelle de la drogue était incorporée.

Environ 10 kilos de cette matière avaient été saisis en 2011 à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, a-t-il précisé. Mais le complot visait l'importation d'au moins 70 kilos sur une période de 10 mois.

Dans le cadre de cette opération policière, 17 personnes ont été accusées dans la grande région de Montréal, dont deux sont toujours recherchées.

Certaines de ces personnes étaient déjà détenues, mais d'autres ont été arrêtées mercredi.

Les accusations dont elles font l'objet sont liées au gangstérisme et à l'importation, au trafic et à la possession de stupéfiants. L'un des accusés est d'ailleurs considéré comme le chimiste du groupe. Il aurait été responsable d'extraire la cocaïne de la poudre d'asphalte.

Selon la GRC, le réseau opérait dans le but de contrôler le trafic des stupéfiants dans la grande région de Montréal ainsi que dans les provinces de l'Atlantique.

Il s'agit du second volet d'une vaste enquête amorcée en 2010, après l'opération «Colisée», a précisé le sergent Thibault. Les forces policières surveillaient alors la «relève» de la mafia. Les enquêteurs disent avoir ciblé les dirigeants et les joueurs-clé de la cellule Silvano, qui était liée aux cellules Bastone et De Vito. Ces deux dernières ont été démantelées en juin 2014, affirme la police fédérale.

«C'était comme un trio. Des organisations qui travaillaient ensemble afin de ne pas se nuire», a expliqué le sergent Thibault.

Les accusés devaient comparaître mercredi par vidéoconférence au palais de justice de Montréal.

L'enquête se poursuit. Elle implique également la Sûreté du Québec, l'Agence des services frontaliers, Revenu Canada et les services de police de Montréal et de Laval. Il pourrait y avoir d'autres arrestations, a indiqué le sergent Thibault.

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