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Un tribunal égyptien condamne 230 personnes à la prison à vie

04/02/2015 05:27 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un tribunal égyptien a condamné 230 personnes, dont un des principaux meneurs de la révolution de 2011 qui a renversé l'ancien président Hosni Moubarak, à la prison à vie après les avoir reconnues coupables d'avoir participé à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

Tous les accusés à l'exception d'Ahmed Douma étaient absents lors de ce procès collectif. Doula, un militant laïc, avait déjà été condamné à une peine d'emprisonnement de trois ans pour avoir enfreint une des nombreuses lois sévères réglementant les manifestations. De plus, 30 personnes d'âge mineur ont été condamnées à 10 ans de prison.

Il s'agit de la plus lourde peine infligée à des militants laïcs, les fers de lance de la révolution anti-Moubarak.

Ils avaient été arrêtés à la suite des affrontements violents survenus en décembre 2011 entre manifestants et représentants des forces de l'ordre qui avaient provoqué des dégâts importants. Notamment, une bibliothèque fondée par Napoléon Bonaparte renfermant des livres rares et des manuscrits avait alors été incendiée.

Les condamnés peuvent en appeler de la décision. L'avocat de Doula, Mohammed Abdel-Aziz ne s'est pas dit surpris par la sévérité de la sentence, accusant le juge Mohamed Nagi Chehata d'être motivé par des raisons politiques et personnelles. Selon lui, ce jugement démontre le peu d'impartialité du système judiciaire égyptien.

Doula a applaudi en dérision la sentence collective, ce que n'a guère apprécié le juge qui l'a vivement rabroué.

Mohamed Nagi Chehata est le même juge qui avait condamné le journaliste canado-égyptien Mohammed Fahmi à la prison à vie pour «diffusion de fausses nouvelles» et «soutien à une organisation terroriste».

Une porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki, a déploré la décision du tribunal, affirmant que les États-Unis en étaient «profondément troublés».

Depuis le renversement de Mohammed Morsi, en 2013, à la suite d'un coup d'État militaire, les autorités égyptiennes répriment durement toute dissidence. Des affrontements ont coûté la vie à plusieurs centaines de personnes tandis que les détenus politiques se comptent par milliers.

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