POLITIQUE

Le projet de loi antiterroriste recevra l'appui du Parti libéral du Canada

04/02/2015 01:29 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT
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TO GO WITH AFP STORY BY GUILLAUME LAVALLEE 'CANADA-VOTE-HISTORY-PEOPLE-TRUDEAU' Justin Trudeau, son of former Canadian Prime Minister Pierre Trudeau and candidate for the Liberal Party in Montreal, is seen during an interview in his campaign office on October 12, 2008 in Montreal, two days before the federal elections on October 14. One of three sons of Pierre Elliott Trudeau, prime minister of Canada from 1968 to 1979, and 1980 to 1984, Justin Trudeau swapped a teaching career for a chance to represent his father's Liberals in the Montreal electoral district of Papineau, and win it back from the separatists who took it in 2006. AFP PHOTO/David BOILY (Photo credit should read DAVID BOILY/AFP/Getty Images)

OTTAWA - Les libéraux appuieront le projet de loi antiterroriste C-51 même s'ils craignent que celui-ci mette en péril certaines libertés civiles — et ils en font déjà un enjeu électoral.

«Ce projet de loi peut encore être amélioré, mais dans l'ensemble, il prévoit des mesures qui renforceront la sécurité des Canadiens. C'est pour ça que nous voterons en sa faveur», a annoncé mercredi le chef libéral Justin Trudeau en point de presse au parlement.

Il n'en demeure pas moins que les mécanismes de surveillance du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et de révision ponctuelle des lois en matière de sécurité nationale ne sont pas satisfaisants aux yeux des libéraux, a-t-il soutenu.

Le Parti libéral, tout comme le Nouveau Parti démocratique (NPD), estime que l'organe actuellement chargé de la supervision du SCRS, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), n'a pas la crédibilité requise pour accomplir cette tâche.

Les deux formations de l'opposition plaident en faveur de la mise sur pied d'un comité de supervision composé d'élus — une proposition à laquelle le bureau du ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a opposé une fin de non-recevoir, lundi soir.

Mais les libéraux donneront leur feu vert au projet de loi malgré tout, quitte à y apporter des changements une fois qu'ils auront été portés au pouvoir, a signalé M. Trudeau.

«Le gouvernement actuel peut accepter la volonté des Canadiens d'avoir une plus grande supervision et responsabilisation de nos organismes de surveillance ou bien nous donner l'occasion de le leur proposer dans notre plateforme électorale», a argué le chef libéral.

Le Parti libéral accueille favorablement les dispositions prévoyant le renforcement des pouvoirs en matière d'arrestations préventives, l'élargissement de l'interdiction de vol pour les personnes qui représentent une menace terroriste et l'amélioration de l'échange d'informations entre les ministères et les agences.

En revanche, le volet qui conférerait davantage de pouvoirs au SCRS suscite des inquiétudes — l'agence d'espionnage canadienne pourrait contrer les projets de voyage de présumés extrémistes, interrompre des transactions bancaires et intervenir secrètement sur des sites web radicaux.

«Quand un gouvernement demande à ses citoyens d'abandonner ne serait-ce qu'une infime partie de leurs libertés, il a la responsabilité de garantir qu'il n'abusera pas de ces nouveaux pouvoirs», a plaidé Justin Trudeau lors de sa rencontre avec les journalistes.

Mais le parti, qui se présente comme celui de la Charte canadienne des droits et libertés, estime que celle-ci agira comme rempart.

Les libéraux craignaient-ils qu'en s'opposant au projet de loi antiterroriste, ils puissent se faire accuser de mollesse?

M. Trudeau a reconnu que «des préoccupations» avaient été soulevées à cet égard lors de la rencontre hebdomadaire du caucus, mercredi matin.

Par contre, voir cet enjeu sous une lorgnette strictement partisane «ne rend pas justice au fait que les Canadiens sont préoccupés par leur sécurité» et que tout gouvernement a la responsabilité d'assurer la sécurité de ses citoyens, a-t-il fait valoir.

Le NPD, de son côté, n'a pas encore annoncé sa position par rapport au projet de loi C-51.

«Nous poursuivons notre étude du projet de loi et nos consultations avec des experts», a écrit mercredi dans un courriel George Smith, l'attaché de presse du chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Ce dernier a continué à talonner le gouvernement sur la crédibilité du CSARS lors de la période des questions en Chambre, mercredi après-midi.

«Le premier ministre croit-il que le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, un organisme créé il y a de cela 30 ans, est aujourd'hui outillé pour bien surveiller les opérations du Service canadien du renseignement de sécurité?», a demandé M. Mulcair.

«Notre système est très robuste. Notre travail, ici, n'est pas de s'attaquer à la sécurité et à la police, mais de s'attaquer aux terroristes et aux djihadistes», a rétorqué Stephen Harper.

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