NOUVELLES

Les deux accusés du complot contre Via Rail étaient motivés par la vengeance

04/02/2015 01:30 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

TORONTO - Les deux hommes accusés d'avoir comploté en vue de tuer des dizaines de personnes en faisant dérailler un train voyageant entre le Canada et les États-Unis croyaient être investis de la mission de se venger des actions militaires étrangères dans leurs pays d'origine, a-t-on appris mercredi à leur procès.

Chiheb Esseghaier et Raed Jaser, qui font face à plusieurs chefs d'accusation liés au terrorisme, ont tous deux plaidé non coupable au présumé complot visant un train de Via Rail effectuant le trajet entre New York et Toronto.

Ils ont été arrêtés en avril 2013 à la suite de révélations d'un agent d'infiltration du FBI qui avait réussi à gagner leur confiance après des mois d'enquête.

L'agent, qui se faisait passer pour un riche homme d'affaires américain aux opinions islamistes radicales, s'est d'abord lié d'amitié avec Esseghaier en 2012. Le doctorant tunisien venu faire des recherches sur les nanosenseurs à Québec l'a ensuite invité à l'accompagner à Toronto pour rencontrer Jaser, un résident permanent canadien d'origine palestinienne.

Esseghaier aurait fait part de certains détails liés au complot à l'agent du FBI au cours de ce séjour, mais en le suppliant de les garder pour lui. C'est seulement après avoir passé du temps avec l'agent à Toronto que Jaser lui a dévoilé leur plan en entier.

Les trois hommes prenaient alors une marche nocturne dans un quartier résidentiel de la Ville Reine. Des enregistrements secrets de cette conversation ont été présentés au procès. «Le Canada et les États-Unis: ces pays ont plusieurs armées dans notre pays qui prennent le contrôle du territoire et qui propagent la corruption sur la terre. C'est notre mission de combattre ces pays», peut-on entendre dire Esseghaier.

Des extraits des justifications de Jaser ont aussi été entendus. «Oeil pour oeil. Nous voulons être sûrs qu'ils comprennent qu'aussi longtemps qu'ils sont présents là-bas, leurs populations ne se sentiront pas en sécurité ici.»

Selon ce qui a été révélé au procès, le présumé complot aurait impliqué que deux hommes se rendent sous un pont ferroviaire à la faveur de la noirceur pour y percer un trou. Celui-ci aurait fait dérailler le train. «Moi et notre frère Raed voulons faire quelque chose de très simple qui ne nécessite pas d'armes, peut-on entendre sur les enregistrements. Et bien sûr, le train est rempli de gens... au moins 200 ou 300 personnes.»

Durant son témoignage, l'agent du FBI a affirmé que Jasper lui avait révélé une autre idée de complot de «tireur d'élite» au cours de cette marche. «Il a expliqué que les représentants des autorités ne voyageaient pas avec un aussi grand dispositif de sécurité que quand ils sont aux États-Unis, a-t-il raconté. Il m'a dit que le maire de Toronto prenait le métro... Il a dit quelque chose à propos de couper la tête du serpent pour que le corps soit confus.»

Un suspect disait être sous surveillance

L'agent d'infiltration du FBI a aussi indiqué mercredi que l'un des deux accusés l'avait averti lors de leur première rencontre qu'ils étaient sous surveillance.

L'agent a affirmé que Jaser a dit à Esseghaier et à lui-même qu'ils étaient surveillés et que le gouvernement savait qui ils étaient et où ils se trouvaient à tout moment.

Il a aussi dit que Jaser lui avait exprimé que l'«islam n'était pas rationnel» et qu'ils «pouvaient être perçus comme trop extrêmes, radicaux, et qu'en fait ils l'étaient».

PLUS:pc