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Les bosseurs québécois seront les favoris à la Coupe du monde de Val St-Côme

04/02/2015 04:22 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les bosseurs québécois feront figure de favoris samedi, à Val St-Côme, alors que le circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique y effectuera son arrêt annuel au Québec pour une troisième saison d'affilée.

Autant chez les hommes que chez les dames, le plateau est dominé par des bosseurs d'ici. Mikaël Kingsbury trône loin devant Philippe Marquis au classement pour l'obtention du globe de cristal, tandis que la médaillée d'or des Jeux de Sotchi, Justine Dufour-Lapointe, occupe la première place devant sa grande rivale, l'Américaine Hannah Kearney.

L'an dernier, le Canada avait occupé quatre des six places sur le podium. Chloé et Justine Dufour-Lapointe avaient terminé première et deuxième devant la Japonaise Junko Hoshino, tandis qu'Alexandre Bilodeau et Kingsbury étaient montés sur les deux plus hautes marches du podium.

À ce jour, l'équipe canadienne compte pas moins de neuf représentants dans les tops-10 masculin et féminin. Simon Pouliot-Cavanagh occupe le quatrième rang et Marc-Antoine Gagnon le septième. Du côté féminin, Chloé Dufour-Lapointe, médaillée d'argent à Sotchi, est troisième, suivie de la Britanno-Colombienne Andi Naude (4e), de Maxime Dufour-Lapointe (7e) et d'Audrey Robichaud (9e), qui disputera samedi une 99e course sur le circuit de la Coupe du monde.

Kingsbury est particulièrement fumant par les temps qui courent. Il vient de remporter les quatre dernières courses en Coupe du monde et a mis la main sur le titre mondial en parallèle, en plus d'avoir terminé au deuxième rang aux Championnats du monde en individuel. Le Canada avait d'ailleurs signé un triplé historique en bosses en parallèle, alors que Marquis et Gagnon avaient accompagné Kingsbury sur le podium autrichien.

«Ça va vraiment bien, a admis celui qui vise, cette saison, un quatrième globe de cristal d'affilée en bosses. Souvent après plusieurs saisons au cours desquelles tu connais du succès, tu te dis que peut-être, à un moment donné, ça va arrêter, que quelqu'un va passer devant toi. J'étais prêt à vivre tout ça.

«Mais je me suis entraîné fort, autant physiquement que mentalement tout l'été et je suis arrivé prêt. Je n'ai pas commencé la saison comme je le voulais (il a terminé neuvième en Finlande) et c'est ce qui m'a donné faim pour la suite. Depuis ce temps-là, je n'ai pas perdu une Coupe du monde.»

Kingsbury détient une impressionnante avance de 204 points (429 contre 225) sur Marquis avec quatre courses à disputer et ses adversaires — ou coéquipiers — qui se seraient mis en tête de le rejoindre devront trimer dur.

«Le momentum est vraiment dans le tapis! Je skie bien, je suis en santé, je n'ai pas de petits bobos. Je ne veux pas laisser Philippe gruger mon avance! Par contre, pas question de lever le pied: eux sont là pour gagner aussi et je n'ai pas droit à l'erreur.»

Le classement est un peu plus serré chez les dames, où Justine, à 385 points, est suivie de plus près par Kearney (326), qui a été de tous les podiums sauf un cette saison, et par Chloé (252).

«Ça fait en sorte qu'à chaque course, on doit se surpasser et je pense que ça fait en sorte que les filles se développent encore plus», a noté Chloé.

La semaine dernière, à Lake Placid, les trois bosseurs et leur coéquipier Pouliot-Cavanagh ont monopolisé les quatre premières places à l'issue des qualifications. L'équipe a récolté deux médailles: l'or de Kinsgbury et le bronze de Gagnon. Pouliot-Cavanagh a terminé cinquième, suivi de Marquis. C'est Justine qui a remporté la compétition chez les dames. Elle était accompagnée de Naude sur le podium, en bronze.

«L'équipe est vraiment forte cette saison et ça regarde vraiment bien pour ce week-end, a indiqué Kingsbury. Un triplé est bien possible à St-Côme.»

D'ailleurs, les bosseurs québécois apprécient beaucoup avoir l'occasion de se produire chez eux.

«C'est vraiment important pour nous, car c'est l'une des seules fois où on peut voir nos partisans, notre famille et qu'ils pourront vraiment comprendre ce qu'on fait à l'année longue», a raconté Justin.

«Quand nous étions petites, nos parents nous amenaient à ces compétitions. De voir skier les meilleurs nous a inspirées à être là un jour, a pour sa part indiqué Chloé. Aujourd'hui, on ne le réalise peut-être pas, mais il y a peut-être des jeunes qui après nous avoir vues vont dire à leurs parents: 'Hey! Moi je veux faire ça! Amène-moi à la montagne plus souvent!'. C'est aussi pour ça qu'on met tout notre coeur en piste: pour donner la piqûre à d'autres.»

Seules les bosses sont au programme en 2015. L'Association canadienne de ski acrobatique, pour des raisons budgétaires, principalement, n'a pas organisé d'étape de la Coupe du monde en sauts cette saison, que ce soit à Calgary ou à Val St-Côme. En 2013, Val St-Côme n'avait pas accueilli les bosseurs pour les mêmes raisons.

«De tenir une deuxième journée de compétitions correspond à quelques centaines de milliers de dollars de plus, a expliqué le chef de la direction de l'ACSA, Bruce Robinson, après avoir bien pesé ses mots. Les sauts sont une part importante de notre programme et à compter de l'an prochain, nous allons prévoir une Coupe du monde pour chaque discipline jusqu'aux Jeux de 2018. Nous tiendrons tout de même une Coupe Nor-Am à St-Côme, alors il s'agit d'une occasion de glisse supplémentaire pour nos athlètes comme Olivier Rochon et Travis Gerrits, qui se remettent de blessures.»

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