POLITIQUE

La réouverture du Code du travail n'est pas dans les priorités, dit PK Péladeau

04/02/2015 10:09 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - La réouverture du Code du travail n'est pas dans les priorités, a déclaré mercredi le député péquiste Pierre Karl Péladeau.

M. Péladeau a affirmé qu'il avait dressé ce constat après avoir rencontré des leaders syndicaux durant sa récente tournée régionale.

«J'ai rencontré plusieurs représentants syndicaux durant ma tournée, dont des présidents d'Alcoa, de Résolu, des présidents locaux et régionaux, a-t-il dit. Et je dois dire que la réforme du Code du travail ce n'est certainement pas dans l'ordre des priorités.»

Alors qu'il était président-directeur général du conglomérat Québecor, une entreprise dont il demeure actionnaire de contrôle, M. Péladeau avait dénoncé le déséquilibre des forces dont profitaient les syndicats au Québec.

En 2011, alors que son entreprise avait mis «Le Journal de Montréal» en lock-out, M. Péladeau avait plaidé qu'il serait néfaste pour l'économie québécoise d'ouvrir le Code du travail dans le but de moderniser les dispositions anti-briseurs de grève.

Mercredi, M. Péladeau a cependant expliqué que ses positions concernant le rapport de force des syndicats ont changé depuis qu'il n'est plus PDG de Québecor.

«C'est assez simple, je suis devenu député, a-t-il dit. À l'époque, en 2010, j'étais PDG de Québecor.»

Selon le candidat dans la course à la direction du Parti québécois, il faut faire une distinction entre le rôle du PDG et celui de l'actionnaire de contrôle de l'entreprise, bien qu'il dispose tout de même du pouvoir de nommer la majorité de ses administrateurs.

«Le PDG était PDG et l'actionnaire est actionnaire, a-t-il dit. Excusez-moi, ça ressemble à une lapalissade, mais c'est deux choses bien différentes. Quand vous dirigez une entreprise, vous avez la responsabilité de diriger cette entreprise, les actionnaires ne dirigent pas l'entreprise, les actionnaires détiennent les intérêts à l'intérieur de l'entreprise.»

M. Péladeau a néanmoins reconnu qu'à titre d'actionnaire de contrôle, avec ses actions de catégorie A, il dispose du pouvoir d'influencer la composition du conseil d'administration de Québecor.

«C'est une structure d'actionnariat qui existe depuis au moins une vingtaine d'années, peut-être davantage, a-t-il dit. Alors oui, ça me permet à l'heure actuelle de nommer 75 pour cent de la composition du conseil.»

Lors de la dernière assemblée annuelle de Québecor, en juin, les actionnaires de catégorie A ont élu six des huit administrateurs de l'entreprise, dont les filiales sont notamment Vidéotron et le réseau de télévision TVA.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a rappelé qu'en mars, M. Péladeau avait pourtant affirmé qu'il n'était plus impliqué dans les opérations ou le processus décisionnel chez Québecor.

«J'imagine que celui qui dirige les dirigeants, il doit diriger pas mal et avoir un certain contrôle sur les opérations, a-t-il dit. Entre le mois de mars et aujourd'hui, sa version n'est pas la même. Il faudrait savoir quand il dit la vérité et quand il dit le contraire de la vérité.»

L'automne dernier, M. Péladeau s'était engagé à placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard s'il est élu chef, une disposition qui n'est obligatoire que pour les membres du conseil des ministres.

Les députés péquistes se sont réunis en caucus à l'Assemblée nationale, mercredi, quelques jours avant la rentrée parlementaire prévue mardi. Le PQ a également officialisé les candidatures des cinq aspirants à la succession de Pauline Marois, ce qui signale le début officiel de la course.

Le député péquiste Alexandre Cloutier, candidat, a affirmé mercredi que M. Péladeau aurait l'occasion de préciser ses positions sur la modification du Code du travail relativement à la question des briseurs de grève.

«À ma connaissance, sur le lieu d'établissement, je pense qu'il y a un consensus sur cet enjeu, a-t-il dit. À l'époque, le PQ avait déposé un projet de loi et c'est à mon avis un projet de loi qui devrait être utilisé.»

En campagne électorale, Mme Marois avait affirmé que la réouverture du Code du travail n'était pas dans ses priorités, bien que cela soit au programme du PQ.

Le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a affirmé mercredi que cette question serait discutée lors du prochain congrès du PQ, lors duquel les militants élaboreront le prochain programme.

«Je crois qu'il est toujours d'actualité de s'intéresser aux relations de travail, globalement, et que les modifications dans la société, le Code du travail doit les représenter», a-t-il dit.

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