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La fin d'une tradition: la GRC prendra les rênes de la sécurité au parlement

04/02/2015 11:28 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Près d'un siècle de tradition parlementaire semble tirer à sa fin alors que la GRC se prépare à prendre les rênes de la sécurité à l'intérieur des édifices du parlement.

Le gouvernement conservateur a en effet donné à la GRC le mandat d'assurer la sécurité dans les couloirs de la Chambre des communes et du Sénat, une tâche jusque-là attribuée à une équipe de sécurité totalement indépendante, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne.

Les membres de cette équipe, dirigée par l'ex-sergent d'armes Kevin Vickers, ont réussi à arrêter un tireur dans l'édifice central, en octobre dernier.

Des députés conservateurs ont déclaré mercredi que le changement ne devrait pas être perçu comme un manque de respect pour les quelque 200 hommes et femmes qui patrouillent actuellement les corridors du Parlement.

«C'est quelque chose que nous devons aux hommes et aux femmes qui ont reçu cette responsabilité, il s'agit de la façon la plus efficace d'assurer leur sécurité», a déclaré le député conservateur Ryan Leef, qui était auparavant un membre de la GRC.

«Et il s'agit de la façon la plus efficace de s'assurer que le Parlement fonctionne efficacement pour les Canadiens et que les Canadiens soient en sécurité quand ils viennent ici».

Le tireur Michael Zehaf Bibeau a réussi à passer outre les policiers de la GRC en poste sur la Colline du parlement le matin du 22 octobre: la force policière a depuis longtemps la tâche de surveiller l'extérieur du parlement, mais pas l'intérieur.

Des examens des processus de sécurité sur la colline, à la suite de l'attaque, ont révélé la nécessité d'une plus grande unité au sein du personnel de sécurité.

Le gouvernement a précisé que sa décision donnerait à une seule force policière la responsabilité de protéger le parlement.

La première étape a été d'éliminer les deux forces séparées à l'intérieur de l'édifice — l'une du côté du Sénat, l'autre du côté de la Chambre des communes. Cela s'est produit en novembre.

La GRC s'est également vu attribuer la responsabilité d'assurer la sécurité du premier ministre lorsqu'il se trouvera à l'intérieur du parlement, une décision qui n'a pas fait le bonheur des gardes de la Chambre des communes, qui avaient été formés pour cette tâche par des agents de la GRC.

Selon de multiples sources, la GRC s'occupera dorénavant de la sécurité sur toute la Colline du parlement.

L'équipe de sécurité des Communes, composée de quelque 200 personnes, ne devrait pas être dissoute, mais devrait être désormais sous le contrôle de la GRC.

Les néo-démocrates disent qu'ils sont au courant du changement proposé, mais voudraient mieux comprendre ses implications.

L'existence d'une force indépendante de police à l'intérieur des murs du parlement date de la création de la GRC elle-même, en 1920.

À l'époque, les parlementaires ne voulaient pas que des agents du corps policier ne patrouillent la Chambre des communes, de sorte qu'une équipe de sécurité distincte avait été créée. Une deuxième équipe a ensuite été mise en place pour le Sénat.

La distinction entre les équipes de sécurité intérieures et extérieure était telle que pendant des décennies, les agents de la GRC ou les policiers locaux devaient être formellement invités pour pouvoir entrer à l'intérieur des édifices.

Les gardes de sécurité des Communes n'ont pas été armés avant 1984 et n'ont tous porté sur eux des fusils avant cette année.

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