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«Deschampsons»: les artistes chantent Yvon Deschamps

04/02/2015 10:39 EST | Actualisé 04/02/2015 11:10 EST
Denis Beaumont / La Presse Canadienne

Les mots d’Yvon Deschamps qui nous ont fait rire, et parfois verser une larme, ce sont d’inoubliables monologues. Mais ce sont aussi des chansons, que l’homme glissait ça et là dans ses spectacles, pour ajouter une touche supplémentaire d’émotion à son propos et permettre à ses personnages de s’exprimer dans une poésie nouvelle.

Son ami, l’auteur Stéphane Laporte, résume admirablement bien la contribution d’Yvon Deschamps à notre patrimoine musical en affirmant que «parmi les géants de la chanson québécoise, il y a un poète nommé Yvon. Voici le Yvon Des chants…»

Parce que son œuvre chantée mérite au moins autant d’attention que ses numéros les plus célèbres, l’album Deschampsons voit aujourd’hui le jour, alors que le monument, «père» de tous nos humoristes, s’apprête à célébrer ses 80 ans, l’été prochain.

Lancé sous étiquette GSI Musique, sous la réalisation de Marc Pérusse, le collectif rassemble 14 voix chères au cœur de l’homme, dont celles de son épouse, Judi Richards, et de ses filles, Karine et Sarah-Émilie, qui interprètent ensemble Oublions. Diane Dufresne (Aimons-nous), Gilles Vigneault (Berceuse pour endormir la mort), Michel Rivard (J’sais pas comment, j’sais pas pourquoi), Isabelle Boulay (Mon ami), Louise Forestier (La vie), Daniel Bélanger (Dans ma cour), et Catherine Major (Seul), sont, entre autres, rattachés à cet amalgame de relectures à la fois nostalgiques et pleines d’actualité et de promesses. En effet, existe-t-il texte plus intemporel qu’Aimons-nous?

Humble et authentique

Émerveillé comme un enfant de voir ses amis réunis en son honneur lors d’un cocktail, au restaurant Seingalt de la Place des Arts, mardi, le légendaire Deschamps s’est montré comme toujours humble, authentique et rieur au moment de prendre la parole devant les convives. Il a avoué que, lorsqu’on lui a proposé le projet de faire revivre ses pièces douces-amères, il était réticent. Mais, en entendant le résultat, il s’est réconcilié avec l’idée.

«Une chanson peut être très belle si elle trouve son interprète, a-t-il relevé. Et chaque chanson, sur le disque, a trouvé son interprète. Michel (Rivard), qui chante J’sais pas comment, j’sais pas pourquoi, un jeune n’aurait pas pu chanter ça (rires). Il faut avoir du vécu, avoir fait deux ou trois shows. Vincent (Vallières), avec Papa, c’est aussi fantastique, parce qu’il est papa de jeunes enfants. Il a encore cette sensibilité. Quand un petit bout t’appelle «papa», le matin, c’est la fin du monde. Ou, plutôt, le début d’un nouveau monde. Tout ça fait que, finalement, je suis très heureux que ce disque existe!»

«C’est l’année de mes 80 ans. La prochaine fois que je vivrai un lancement de disque, j’en aurai probablement 90 ou 95, et je ne me rappellerai plus de celui-là (rires) Mais ce n’est pas grave, parce que le monde non plus ne se rappellera plus de moi…», a déclaré l’immortel créateur pour conclure son discours, sous les gloussements affectueux de la petite foule qui, à eux seuls, lui donnaient tort.

Un humaniste

Monique Giroux s’est entretenue avec Yvon Deschamps quelques jours avant Noël. Sous le titre Deschampsons qu’ossa donne, l’entrevue, présentée à la télévision juste après les Fêtes, a retracé l’histoire des mélodies qui connaissent aujourd’hui un second souffle sur Deschampsons. L’animatrice de Chants libres à Monique et De l’autre côté de chez Monique, à ICI Musique, considère sans aucun doute que toutes les générations doivent s’inspirer de l’héritage culturel et social d’Yvon Deschamps.

«On a tous, peu importe notre âge, beaucoup à apprendre d’Yvon Deschamps, a souligné Monique Giroux. De son altruisme, son empathie, sa générosité, son ouverture… Notre entrevue a été diffusée le 9 janvier, deux jours après les événements de Charlie Hebdo. Ça m’a permis de réaliser tout ce qu’Yvon a fait dans sa carrière, non seulement d’humoriste, mais de monologuiste. Yvon, s’il nous a fait rire, nous a aussi fait beaucoup réfléchir. Il a été très audacieux, parfois presque au péril de son propre bien-être. Il est allé loin, il a osé beaucoup.»

Un humaniste, Yvon Deschamps? Absolument, a abondé Monique Giroux.

«J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi intelligent et attentif à l’autre, qu’il soit connu ou inconnu, riche ou pauvre. Yvon n’a jamais oublié d’où il venait, et il nous a dépeints comme personne. C’est un homme de grande exception, de grande qualité. Vraiment. Yvon est un grand Québécois…»

L’album Deschampsons est présentement en vente. Lisez aussi nos entrevues avec Claude Meunier et André Sauvé à ce sujet dans les pages du Huffington Post Québec.

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