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Archivage numérique: les institutions culturelles canadiennes accusent un retard

04/02/2015 06:55 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

Les institutions culturelles canadiennes sont en retard sur le reste du monde pour la conservation de leurs archives numériques, et d’énormes quantités d’information risquent d’être perdues, selon un rapport publié mercredi par le Conseil des académies canadiennes.

Le Canada a déjà été un chef de file dans l'archivage numérique, mais a négligé sa réputation au cours des dernières années, selon le comité d'experts derrière cette réflexion sur les institutions de la mémoire collective (bibliothèques, centres d’archives, musées, etc.).

«Nous étions habitués de conserver ces fichiers dans des dossiers et des boîtes en version imprimée. Nous n'utilisons plus ces méthodes aujourd'hui», explique Colleen Cook, doyenne des bibliothèques de l'Université McGill et membre du comité.

«Et si l'information que nous possédons uniquement en format numérique est perdue, ou sous une forme qui ne nous permet pas d'avoir accès à l'information dont nous avons besoin, la mémoire de cette période est potentiellement très vulnérable», poursuit-elle.

Le rapport de 208 pages reconnaît que produire des équivalents numériques du contenu de toutes les boîtes qui s'empilent à travers le pays et les regrouper est une entreprise complexe. Les institutions impliquées auront à composer avec un ensemble de réglementations concernant entre autres le respect de la vie privée et des droits d'auteur.

Malgré tout, le rapport conclut que les capacités techniques et les buts généraux des institutions canadiennes de la mémoire collective se ressemblent plus qu'ils ne diffèrent et que celles-ci devraient collaborer. Les experts citent en exemple la Hollande et les États-Unis, où plusieurs institutions ont uni leurs forces et regroupé leurs ressources. Ces pays sont également parmi les meilleurs pour identifier et organiser des informations qui auraient pu demeurer inutilisables autrement.

Le comité mandaté par le Conseil des académies canadiennes estime que le Canada possède les compétences et les infrastructures technologiques pour reprendre sa place parmi les leaders mondiaux de la conservation de leur archives numériques.

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